Samedi 4 février 2006
La dernière route maritime du Clémenceau prend des allures d'épopée fantastique. Notre porte-avions n'en finit pas, en effet, de susciter allers-retours et controverses. Vendu d'abord aux Espagnols en 2003 pour être désamianté, mais "détourné" au large de la Sicile alors qu'il prenait la direction d'Izmir, ramené ensuite à Toulon puis renvoyé en Inde sans être sûr d'y arriver, voilà désormais l'ancien fleuron de notre flotte freiné par Bruxelles et suspecté d'être un "déchet" ambulant par la Commission européenne.
Paris a eu beau dire déjà qu'il s'agissait d'un matériel de guerre, pour échapper à la Convention de Bâle et amadouer les Egyptiens pour transiter par le canal de Suez, l'explication est toujours restée fumeuse et n'a convaincu personne. Car le bateau ayant été désarmé en...1997 et vendu à un chantier civil, il ne vaut plus désormais que le prix de la ferraille. Et encore... le prix de la ferraille moins l'amiante.
Bruxelles veut donc en avoir le coeur net et connaître le tonnage exact des produits dangereux restant à bord, quitte à saisir la Cour de Justice européenne en cas d'infraction. Et, comme en écho, le tribunal de Versailles a débouté hier l'Etat français qui s'opposait à une mission d'expertise. Alors les paris sont désormais ouverts. D'un côté, le ministère de la Défense qui affirme qu'il ne reste plus que 45 tonnes d'amiante. De l'autre, les associations anti-amiante, bien sûr, et la commission de contrôle indienne qui indique que les chiffres qui lui ont été fournis varient entre 50 et 1000 tonnes.
Bref, la preuve est faite que, à défaut d'être resté un vrai navire de guerre, le Clémenceau n'en demeure pas moins, pour la France, un déchet... explosif.
par le blog-notes de Jean-Paul Busnel
publié dans :
jpbusnel
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- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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