Lundi 6 février 2006
C'est déjà presque un... aveu. "Nous ferons la réforme de la Justice dont notre pays a besoin" a dit, hier soir, Dominique de Villepin, sur Europe 1. Et le Premier ministre d'ajouter que le choix de transparence oblige aujourd'hui à remettre en question un certain nombre de mécanismes, de procédures, à rechercher des garanties, à préciser certaines responsabilités. C'est donc même presque de la repentance... présumée.
La Justice est donc "coupable". D'ailleurs, l'opinion publique l'a condamnée. Le résultat du sondage CSA paru dans Le Parisien, est sans ambiguité puisque "65% des Français auraient peur de la Justice s'ils devaient avoir affaire à elle". Signe des temps, ce qui jadis aurait rassuré, inquiète désormais.
Le procès de la justice est donc ouvert au delà même de l'affaire d'Outreau et du juge Burgaud. Et la pire nouvelle sans doute pour elle est que l'on ne lui confiera point le soin de s'auto-réformer. D'autres érudits, parlementaires, experts puis gouvernement, s'en chargeront. Pour éviter sans doute ce qu'il y a de plus "horrible au monde", comme le disait François Mauriac, "une justice séparée de la charité". Mais ne nous trompons pas. Une telle justice exigera non seulement des hommes et des moyens, mais aussi l'avènement de nouveaux serviteurs du Droit, "véritables gardiens des promesses de la démocratie" selon la belle expression du juge Antoine Garapon. Ces parangons de vertus, plus soucieux d'équité que de statut, devront s'intéresser au justiciable, l'informer de ses droits, lui expliquer la procédure, lui permettre de s'exprimer et lui garantir un procès dans des délais raisonnables. Une vraie révolution judiciaire en quelque sorte puisqu'elle consistera, d'abord et avant tout, à rappeler la Justice à... ses devoirs.
par le blog-notes de Jean-Paul Busnel
publié dans :
jpbusnel
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- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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