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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Vendredi 31 mars 2006

Finalement, chacun attendait trop du Conseil Constitutionnel qui s’est bien gardé, hier, de sortir des frontières de sa mission. Les « Sages » ont jugé l’article 8 du CPE au travers du prisme de la loi et, surtout, de la Constitution. C’était leur mission et ils l’ont remplie strictement, renvoyant ainsi partenaires sociaux et gouvernement dos à dos. Mais quitte à juger complètement en Ponce Pilate, ils auraient dû le faire jusqu’au bout et ne pas habiller certains aspects de leur délibération de considérations « accessoires ». Ainsi, lorsque le Conseil constitutionnel ne fait pas de « réserves » sur l’absence de motivation de la rupture du CPE pendant les deux premières années, il précise quand même expressément que toute rupture d’un CPE pourra être contestée devant le juge. Ce qui revient à dire expressément, également, que tout licenciement sans motif légitime et sérieux pourra être condamné aux Prud’hommes. Bref, tout le monde a désormais compris que le code du travail en vigueur actuellement s’appliquera au nouveau contrat, qu’il s’appelle faussement CDI ou sémantiquement CPE. Donc pas question de licencier sans raison. Sauf aux risques et périls de l’employeur.

Et si l’on voulait pousser le bouchon plus loin, on pourrait même désormais conseiller à chaque nouveau salarié CPE de créer une section syndicale, dès son entrée en entreprise, pour voir son emploi protégé. Ou inciter chaque femme à tomber enceinte… Ubuesque !

Finalement, le Contrat Première Embauche, visé et « enfermé » par le Conseil Constitutionnel dans les limites du Droit du travail, ne sera pas aussi intéressant que le promettait le gouvernement. Sa flexibilité sera, en effet, toute… relative, les éventuels abus de droit pouvant être sanctionnés. Ce qui est, somme toute, un retour déguisé à la case départ. Sauf que, en n’instituant pas de règles préalables à la rupture du contrat, le législateur renvoie au judiciaire le soin d’avoir du courage à sa place. Ce qui est peu glorieux et promet beaucoup de contentieux..

Les « Sages » ont donc jugé le Droit et non l’opportunité de ce nouveau contrat, laissant à d’autres le choix politique de l’imposer. Dès lors, le président de la République n’aura pas trop de sa journée d’aujourd’hui pour imaginer un dispositif permettant de sortir de la crise. C’est aussi, pour lui, à quelques mois de la fin de son mandat, une dernière chance inespérée de réduire la fracture sociale et de remplir ainsi son… contrat.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Jeudi 30 mars 2006

Cette histoire de CPE tourne désormais au cauchemar. Pour les jeunes comme pour tous les salariés. Elle paralyse la France depuis plusieurs semaines, perturbe l’économie, les examens, les universités et les lycées. Elle handicape l’avenir, l’emploi et la saison d’été. Elle n’est plus aujourd’hui qu’une question de principe et d’orgueil national, que ne partage même plus la Nation. Le sondage CSA à paraître ce matin dans Le Parisien-Aujourd’hui en France en est, à ce propos, la parfaite illustration puisque seuls 12% des Français sont désormais pour le maintien du contrat première embauche tel quel, le reste se partageant équitablement entre un retrait pur et simple ou une suspension.

Certes, ce ne sont ni la rue, ni les sondages qui commandent. Mais ce ne devrait pas être les principes non plus. Guy de Maupassant disait à ce sujet que «  ceux qui dirigent le peuple sont aussi des sots : mais au lieu d’obéir à des hommes, ils obéissent à des principes, lesquels ne peuvent être que niais, stériles et faux, par cela même qu’ils sont des principes, c’est-à-dire des idées certaines et immuables, en ce monde où l’on n’est sûr de rien, puisque la lumière est une illusion, puisque le bruit est une illusion ».

Aujourd’hui, la France va bruire de supputations. De confidences et de fausses affirmations. Tout cela sur fond de violence, de déclarations guerrières, de vraies-fausses confidences ou d’évacuations. Tout cela dans l’attente d’une fumée blanche ou noire au dessus du Palais Royal ou du moindre frémissement des stores du balcon des « Sages ». Reste à savoir comment va siffler l’arbitre. S’il brandira un carton rouge et renverra les « équipes aux vestiaires ou s’il se contentera d’un carton jaune, voire même d’un simple avertissement.

Tout cela, à vrai dire, est bien pathétique. Car, au-delà même de dire le Droit, chacun semble attendre aujourd’hui, du Conseil Constitutionnel, une véritable absolution. Pour pouvoir dire ensuite, et sans modération, « j’avais raison ». Alors que « la parfaite raison fuit toute extrémité et veut que l’on soit sage avec sobriété » disait Molière dans le Misanthrope. Et pour obtenir, en quelque sorte, l’autorisation d’imposer la force de la loi ou celle de lui substituer la loi du nombre et de la contestation.

Saura-t-on au moins tirer les leçons de cette épreuve ? Pas si sûr. Car la société ne pourra sortir qu’un peu plus figée d’un conflit aussi mal géré. Alors qu’elle avait déjà définitivement perdu l’illusion d’être un pays dirigé ! Quoiqu’en dise aujourd’hui… le Président.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Mercredi 29 mars 2006

Seul, désormais, semble-t-il, le Conseil constitutionnel pourra faire plier Dominique de Villepin. Car l’homme est tellement sûr de son bon droit, tellement pétri de certitudes, tellement convaincu que le dialogue n’est que l’articulation de la loi qu’il ne cédera pas d’un pas. Ni même d’un pouce. Le Premier ministre a toujours préféré Montaigne à Joseph de Maistre et considéré que « les lois se maintiennent en crédit non parce qu’elles sont justes, mais parce qu’elles sont lois ». Alors que le second expliquait que « la loi juste n’est point celle qui a son effet sur tous, mais celle qui est faite pour tous ». Les Sages ont à trancher sur le même dilemme et devront dire demain s’il est juste qu’un CPE soit fait pour quelques-uns. S’il est normal que l’on puisse déroger aux règles du Code du Travail pour espérer faire employer à l’essai, dans les meilleures intentions du monde, toute une jeune génération. En clair, sera-t-il possible à l’avenir de substituer les incitations fiscales à l’emploi par des incitations sociales, de remplacer la baisse des charges par une diminution des obligations légales. Et, au final, d'espérer multiplier les contrats pour avoir obtenu un jour le droit de les précariser.

Le Chef du gouvernement ne peut admettre aujourd’hui voir logiquement raison et politiquement tort. Il ne comprend pas que, majoritaire à l’Assemblée, il ne puisse légiférer en toute tranquillité, sans comptes à rendre à quiconque, ni à l’opposition, ni à la population. Homme de lettres et poète à ses heures, il a pour la fermeté le langage de Voltaire. « Il est à propos que le peuple soit guidé et non pas qu’il soit instruit ». Mais la société a changé et ne croit plus depuis longtemps à ses élites. Elle les tolère tout en espérant qu’elles le méritent. Ce qui explique souvent que ceux qui durent sont aussi ceux qui ne font… rien. Dominique de Villepin a ainsi près de lui un mentor qui a créé l’ANPE et n’est pas près de la supprimer, qui l’encourage à tenir bon, mais n’hésitera pas à s’en séparer. Car il n’a pas fait, lui, de la « réforme » une question personnelle. Pour lui, le respect de la législature et des institutions n’a jamais été affaire de posture, mais seulement de… candidature.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Mardi 28 mars 2006

Les extrêmes trouvent toujours nourriture dans les périodes de crise. Chacun le sait, mais personne n’y prend garde. Il importe donc de combattre les idées simples qui ne sont, bien souvent, que l’expression simpliste d’arrière-pensées. Car il n’y a pas de solution toute faite qui puisse venir d’un seul homme, si grand soit-il. Qu’il s’appelle de Villepin, Sarkozy, Hollande ou Strauss-Kahn.

La réponse à la crise de société que nous connaissons actuellement ne pourra venir que de la société elle-même par un nouveau contrat d’adhésion populaire.

Tout individu a besoin d’un projet, d’une ambition. Mais le citoyen est en attente. On ne lui sert que des dénonciations. On ne lui propose que des combats ou des exclusions. On ne lui fait que des promesses de vague sécurité. Olivier Duhamel, politologue s’il en est, appelait cela en 1994, déjà, du « populisme ». A l’époque, il disait que le populisme fonctionnait au boniment et que le démocrate devait lui répondre « par l’argument ». C’est toujours vrai. Pourtant Milton Friedman estimait, quant à lui, que le « populisme », né de la révolte californienne des années 70, était un instrument nécessaire de rénovation. Le capitalisme, disait-il, « ne pourra être sauvé et les problèmes sociaux résolus qu’en modifiant radicalement les institutions de l’Etat ». Et, pour lui, nous devons faire en sorte que « le capitalisme repasse sous contrôle populaire, que la classe politique redevienne le censeur et non le complice de la bureaucratie »...

La vérité est sans doute entre les deux. Entre populisme et dirigisme. Car toutes les civilisations ont dû faire appel à l’effort de chacun pour bâtir des pyramides, des cathédrales et des sociétés. Et non l’inverse. Nul ne doit avoir peur d’avancer ou de refaire le monde, pour peu qu’il propose des solutions qui s’appuient sur l’homme et les nouvelles générations. Ce qui devrait finalement conduire tout le monde, les faiseurs de miracle comme les faiseurs d’illusion, les pourvoyeurs de contrats aidés comme les technocrates de la précarité, à revoir leur… copie.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

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- Le 1er février - Media training à SciencesCom

- Les 4 et 5 février - Communication orale à SciencesCom

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