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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Samedi 25 mars 2006

A quel jeu joue-t-on ? Comment peut-on décemment inviter la veille les syndicats à venir dialoguer « sans a priori » et n’avoir, en fait, rien à proposer le lendemain ? A quoi cela sert-il de prôner ainsi, et pour la seconde fois en huit jours, une « vraie-fausse » décrispation si elle consiste seulement à se faire photographier en bonne compagnie ? Enfin, comment peut-on ouvertement se réjouir qu’une « première étape » ait été franchie, façon méthode Coué, alors que tout semble indiquer que chacun est resté sur ses positions ? L’heure n’est pourtant plus à la politesse des faux-semblants ou à la tartufferie des communiqués.

Dès lors, le sourire béat du Premier ministre, hier, à sa sortie de Matignon, avait quelque chose d’inquiétant. Dominique de Villepin semblait en effet satisfait, comme quelqu’un qui a réussi un bon coup, accompli une prouesse exemplaire ou résolu une crise de première importance. Alors qu’il n’est simplement  parvenu qu’à appâter, et décevoir d’autant plus, des partenaires sociaux qui jurent désormais que l’on ne les y reprendra plus.

Au jeu d’échec particulier imposé par le chef du gouvernement, on a désormais l’impression que les cartes sont biseautées. Que l’essentiel, hier, n’était pas tant de renouer des relations que de jauger l’adversaire et l’amener en terrain découvert. Pour essayer de sentir celui qui allait craquer le premier, celui qui allait faire la faute et se disqualifier. Pour amener « l’autre » à dire le mot de trop, refuser la main tendue ou apparaître comme l’éternel va-t-en-guerre. Bref, il importait de reprendre contact pour pouvoir espérer dénoncer, demain, celui qui prendrait la responsabilité de défier la prétendue « bonne volonté ».

On se serait cru au jeu de go, en pleine stratégie de conquête. Un pion en avant, un pion en arrière. Avec, pour couronner le tout, quelques minutes avant l’entretien, cette déclaration du Président, venue de… l’étranger, qui ferme toutes les portes de sortie imaginées et affirme que la loi sur le CPE doit s’appliquer. Histoire de tout verrouiller.

Comment s’étonner, alors, que les principaux syndicats étudiants et lycéens aient décliné, hier tard dans la nuit, l’invitation à venir ce midi à Matignon. Car, à voir leurs « aînés » ainsi manipulés, ils ont sans doute définitivement perdu en illusions ce qu’ils ont gagné en maturité.

Jacques Chirac et Dominique de Villepin ont donc choisi délibérément l’affrontement. Pariant sur la primauté finale de la loi républicaine sur celle provisoire de la contestation. Mais, à force de jouer « à qui perd gagne », ils s’exposent aussi à tout coup, voire à tous… les coups.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

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