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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Jeudi 30 mars 2006

Cette histoire de CPE tourne désormais au cauchemar. Pour les jeunes comme pour tous les salariés. Elle paralyse la France depuis plusieurs semaines, perturbe l’économie, les examens, les universités et les lycées. Elle handicape l’avenir, l’emploi et la saison d’été. Elle n’est plus aujourd’hui qu’une question de principe et d’orgueil national, que ne partage même plus la Nation. Le sondage CSA à paraître ce matin dans Le Parisien-Aujourd’hui en France en est, à ce propos, la parfaite illustration puisque seuls 12% des Français sont désormais pour le maintien du contrat première embauche tel quel, le reste se partageant équitablement entre un retrait pur et simple ou une suspension.

Certes, ce ne sont ni la rue, ni les sondages qui commandent. Mais ce ne devrait pas être les principes non plus. Guy de Maupassant disait à ce sujet que «  ceux qui dirigent le peuple sont aussi des sots : mais au lieu d’obéir à des hommes, ils obéissent à des principes, lesquels ne peuvent être que niais, stériles et faux, par cela même qu’ils sont des principes, c’est-à-dire des idées certaines et immuables, en ce monde où l’on n’est sûr de rien, puisque la lumière est une illusion, puisque le bruit est une illusion ».

Aujourd’hui, la France va bruire de supputations. De confidences et de fausses affirmations. Tout cela sur fond de violence, de déclarations guerrières, de vraies-fausses confidences ou d’évacuations. Tout cela dans l’attente d’une fumée blanche ou noire au dessus du Palais Royal ou du moindre frémissement des stores du balcon des « Sages ». Reste à savoir comment va siffler l’arbitre. S’il brandira un carton rouge et renverra les « équipes aux vestiaires ou s’il se contentera d’un carton jaune, voire même d’un simple avertissement.

Tout cela, à vrai dire, est bien pathétique. Car, au-delà même de dire le Droit, chacun semble attendre aujourd’hui, du Conseil Constitutionnel, une véritable absolution. Pour pouvoir dire ensuite, et sans modération, « j’avais raison ». Alors que « la parfaite raison fuit toute extrémité et veut que l’on soit sage avec sobriété » disait Molière dans le Misanthrope. Et pour obtenir, en quelque sorte, l’autorisation d’imposer la force de la loi ou celle de lui substituer la loi du nombre et de la contestation.

Saura-t-on au moins tirer les leçons de cette épreuve ? Pas si sûr. Car la société ne pourra sortir qu’un peu plus figée d’un conflit aussi mal géré. Alors qu’elle avait déjà définitivement perdu l’illusion d’être un pays dirigé ! Quoiqu’en dise aujourd’hui… le Président.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

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