Quelle santé ! Et quelle démonstration ! Le match de rugby, hier soir, à Saint-Denis, entre le Stade Français et Biarritz a tenu toutes ses promesses. Les contacts ont été virils sans être violents et les plaquages sévères mais réguliers. Il n’y a eu ni carton rouge, ni cartons pleins. Quant aux spectateurs, ils ont tous été enthousiasmés par le spectacle donné par les deux équipes. Et alors que le stade de France était noir de monde avec plus de 79.000 supporteurs, pas un Parisien n’a craché sur son voisin et aucun siège n’a volé sur le terrain. Bref, les incidents du match aller, avec deux expulsions et quelques coups de poings, ont été effacés de la plus belle manière qui soit. Sportivement. Et si Biarritz n’a pas pris sa revanche, malgré trois pénalités de Dupuy et un essai de Sireli Bobo, il faut d’abord en féliciter le Stade français qui, mené pendant plus d’une heure, n’a jamais désespéré. Et le mérite n’en revient pas seulement aux coups de pied magiques de Skrela et aux essais de Pichot et de Dominici.
On en vient désormais à rêver qu’il en soit sur la planète foot comme au pays du rugby. Que les dirigeants de Marseille, comme ceux du PSG, recherchent l’apaisement plutôt que l’affrontement. Et qu’ils n’entretiennent pas chez leurs supporteurs cette inutile guerre des clans et des cités. Enfin, du côté des joueurs, on se prend à espérer que chacun puisse faire son métier en toute sérénité.
Hier soir, Biarrots et stadistes ont donné le ton. Ils ont montré que tout était d’abord question d’état d’esprit et d’exemplarité. Sur la pelouse comme dans les travées. Et que s’il y avait quelques différences entre foot et rugby, la moins importante n’était pas celle du public. Il suffisait pour s’en convaincre d’écouter les cris et les applaudissements qui montaient, hier soir, du stade de France, bien différents des sifflets, quolibets et autres manifestations gesticulantes et éructantes du Parc des Princes.
On verra cet après-midi si chacun a bien retenu la leçon, si le foot émotion reprend le pas sur le foot « démission ». On saura, surtout, si Marseille a entendu l’appel au sens des responsabilités lancé, hier, par Frédéric Thiriez, le patron de la Ligue de football professionnel. D’autant que de nouvelles mesures de sécurité ont été prises pour rassurer, s’il en était besoin, les olympiens.
A défaut, force sera, hélas, de reconnaître que, si chez l’un comme chez l’autre, le ballon ne tourne pas rond, ce n’est pas et ne sera jamais pour les mêmes… raisons.
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- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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