Tout est bien qui finit bien. Pour Toyal, pour la vallée d’Aspe et pour le député Jean Lassalle. Enfin, si l’on peut dire. Car Toyal va devoir modifier ses plans et renoncer à Lacq dont la situation géographique était sûrement bien meilleure que celle d’Accous. La vallée d’Aspe, quant à elle, va conserver ses emplois de proximité, mais devra faire de coûteux investissements pour espérer garder l’usine pour longtemps. Notamment pour éviter que des effluves chimiques ne viennent perturber l’oxygène proche du Parc National des Pyrénées. Certes, l’Etat s’est engagé à l’aider les différents partenaires, mais le conseil général y sera certainement de son porte-monnaie. Enfin, dernier " bénéficiaire ", Jean Lassalle, même s’il a désormais stoppé sa grève de la faim, ne sera sûrement pas d’attaque, demain, pour manger des chocolats.
Mais, ne boudons pas notre plaisir d’avoir vu, pour la première fois depuis longtemps, un homme politique mener un combat au péril de sa vie. Mêlant, dans un même élan, le sens du service au sens du sacrifice. Voilà qui pourrait servir d’exemple à quelques députés plus prompts au " y a qu’à " et au " faut qu’on " qu’à se retrousser les manches. Voilà enfin la démonstration courageuse qu’une privation généreuse est capable non seulement de sauver des emplois, mais aussi de surmonter les crises de régime de quelques parlementaires ventripotents.
On retiendra de cette histoire que le dernier coup de pouce est venu de Nicolas Sarkozy. Comme pour le CPE. Alors que, jusqu’ici, on avait surtout parlé des " copains " de chambrée de Jean Lassalle, prompts à lui taper dans le dos ou à lui serrer la main. Mais jeudi dernier, même le Premier ministre est venu le saluer… en voisin. Il lui avait, bien sûr, déjà téléphoné, mais hésitait sans doute à venir le déranger malgré la proximité de la Chambre des députés où les ministres ont leurs " habitudes " pour les questions d’actualité. Enfin, le " Président " lui-même l’a appelé le même jour pour l’assurer qu’il faisait son possible pour que tout soit réglé. Pas étonnant dès lors que, après de tels soutiens, Jean Lassalle se soit un peu effondré sur sa banquette, nécessitant hier une hospitalisation de précaution.
Finalement, il n’y a guère que deux personnes qui auront à souffrir de ce miracle pascal. D’un côté, le président du groupe UMP, Bernard Accoyer, qui conseillait jadis à " l’agneau Lassalle " une autre " tenue " plus compatible avec l’Assemblée. Et de l’autre, le maire de Lacq qui fait la tête. La ville se retrouve avec ses terrains nus, même s’ils appartiennent à Total, et ses espoirs déçus. Pire même, la commune va devoir faire face à de sérieux problèmes d’emplois et de reconversion avec la fin programmée de l’exploitation gazière. Bon gré, mal gré, Guy Cassou, mal épaulé dans cette histoire d’homme et de déraison, va devoir, à son tour, faire… ceinture.
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- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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