L’Iran pose problème. Au point qu’il est urgent… d’attendre la date du 28 avril où sera rendu public le rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique. On saura alors si l’Iran s’est conformé aux recommandations du Conseil de Sécurité lui enjoignant de cesser ses activités d’enrichissement d’uranium. A vrai dire, on connaît déjà la réponse, mais cette position « diplomatique », défendue par la Russie et par la France, a le mérite de ne pas étaler au grand jour les divergences des Grands de ce monde. Même si elle ne règle rien en profondeur et ne fait que différer le débat sur d’éventuelles sanctions. Elle permet aussi de gagner du temps. Car le Président Ahmadinejad est tout autant fanatique que fantasque. D’un côté, il multiplie les provocations comme s’il voulait savoir jusqu’où aller trop loin. C’est ainsi qu’hier il a fait savoir, à Moscou, à une délégation venue de France, d’Allemagne et de Britanniques, qu’il mettait en route ses nouvelles centrifugeuses. Mais, pire encore, il a proposé à l’Europe d’ « accompagner » son programme nucléaire, espérant ainsi jouer la guerre des blocs entre Europe et Etats-Unis. De l’autre, il se comporte comme un enfant et vibre à l’évocation du ballon rond comme le premier supporteur venu du PSG. On en vient donc à espérer rapidement entrer dans la période de la Coupe du monde de football pour faire baisser la tension. En espérant que la passion du président iranien le dissuadera pour un temps de vouloir pousser le bouchon trop loin. Et, à condition, bien sûr, que l’équipe d’Iran passe au moins le premier tour et fasse mieux que les… Etats-Unis.
Ces derniers, quant à eux, ne sont pas inquiets. Ils se sentent même la force d’imposer des sanctions sans l’aval du Conseil de sécurité. Prêts à réitérer le coup de Saddam Hussein. Enfin, c’est du moins ce qu’ils veulent laisser croire. D’autant qu’il y a belle lurette que ils ont repéré toutes les installations iraniennes suspectes, à la faveur des nombreuses missions aériennes au-dessus de l’Irak. Alors, on pourrait presque dire que le temps travaille pour tout le monde. Pour l’Iran, pour l’Europe et pour les Etats-Unis, certes, mais, surtout, pour les marchands de… pétrole.
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- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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