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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Mardi 4 avril 2006

Ce mardi sera donc, une nouvelle fois, placé sous le signe du CPE. Du défunt CPE, devrait-on dire, car tout un chacun sait désormais qu’il a cessé d’exister. Et qu’il est mort et enterré. Même si l’on peut toujours trouver un professeur de Droit pour dire le contraire et prétendre qu’il « respire » encore. Au nom de la lettre et pour la forme, et sans doute aussi pour justifier un peu le maintien des défilés. Mais, comme pour un feu d’artifice, la journée de mobilisation d’aujourd’hui « sent » le bouquet final. Les coulisses bruissent de pourparlers. Les contacts ont été renoués avec l’Unef et les organisations syndicales. Députés et sénateurs de l’UMP jurent qu’ils sont au travail. Reste désormais à trouver la bonne porte de sortie, c’est-à-dire un nouveau contrat qui puisse, puisque telle est l’urgence affirmée, favoriser le travail des jeunes sans diplôme, ni formations.

Mais, là encore, on se trompe peut-être de combat. Car ce n’est pas le contrat qui fera l’emploi. Et en acceptant aujourd’hui de segmenter le chômage entre jeunes, moins jeunes et plus jeunes du tout, on risque seulement de jouer les balanciers et les vases communicants. Car, désormais, le chômage n’a pas d’âge. Il frappe indistinctement. Les juniors comme les seniors. Il n’épargne plus les diplômés. Il touche autant les master II que les CAP comme le prouvent, chaque année et de plus en plus,  les CV des postulants aux concours pour les emplois catégories B ou D.

Bref, le chômage est un cancer de masse qu’on cherche toujours à dissimuler en le découpant en tranches. Par des grands messes et des petites déclarations. Par des mesurettes électorales et des réparations de fortune. Faisant croire ainsi que l’on répond aux besoins de flexibilité du patronat alors que celui-ci n’en demande généralement pas tant. Même s’il en profite par opportunité. Mais un emploi-jeune n’a jamais fait grossir un carnet de commandes. Bref, à chaque sortie de crise, qu’il s’agisse de CPE comme hier du CIP, la formule est la même. Et l’on reparle d’un Grenelle...

Mais la première des grandes réformes à faire est d’abord de mettre un terme aux faux-semblants et aux faux-fuyants. Pour que chacun puisse prendre ses responsabilités. En donnant les vrais chiffres du chômage et en arrêtant définitivement de tricher avec la réalité. Car aujourd’hui, ce sont près de cinq millions de personnes, en France, qui sont sans-emploi. Jeunes non indemnisés, moins jeunes dispensés de chercher, « stagiaires » en formation, radiés, Rmistes non inscrits ont, en effet, autant le « droit » de figurer au palmarès du chômage que les seuls « catégorie 1 ». Dès lors, ce n’est plus 9 et quelques pour cent qui recherchent une activité, mais plus de 19% de notre population active.

Un Grenelle de l’emploi n’est donc pas une vague éventualité, mais une nécessité. Non pas tant pour trouver un nouveau contrat à promouvoir ou à subventionner, mais pour inventer comment multiplier la croissance et l’emploi privé. Guérir le malade plus que l’aider à… trépasser.

 

 

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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