A l’heure où les certitudes défaillent sur le deuxième procès d’Outreau, où les tensions s’exaspèrent autour du CPE, où les espoirs de paix s’éloignent en Irak et au Proche-Orient, il est des poèmes et des ouvrages que l’on devrait sans cesse relire :
« Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie et, sans dire un seul mot te remettre à bâtir.
Ou perdre d'un seul coup le gain de cent parties sans un geste et sans un soupir.
Si tu peux être amant sans être fou d'amour, si tu peux être fort sans cesser d'être tendre,
et, te sentant haï, sans haïr à ton tour, pourtant lutter et te défendre.
Si tu peux supporter d'entendre tes paroles travesties par des gueux pour exciter les sots,
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles, sans mentir toi-même d'un mot.
Si tu peux rester digne en étant populaire, si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères, sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi.
Si tu sais méditer, observer et connaître, sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, sans laisser ton rêve être ton maître, penser, sans n'être qu'un penseur.
Si tu peux être dur sans jamais être en rage, si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu peux être bon, si tu sais être sage, sans être moral ni pédant.
Si tu peux rencontrer triomphe après défaite et recevoir ces deux menteurs d'un même front.
Si tu peux conserver ton courage et ta tête, quand tous les autres la perdront.
Alors, les rois, les dieux, la chance et la victoire seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les rois et la gloire, Tu seras un homme, mon fils ».
Car, plus qu’un texte de Kipling et plus qu’une chanson de Lavilliers, c’est un véritable cri de courage et d’humanité. Ce qui manque sans doute le plus, aujourd’hui, à notre… société.
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- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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