« Les points sur les i ». Le Français a besoin désormais qu’on lui parle vrai, qu’on lui dise crûment ce qu’il doit faire ou ne pas faire. Sinon il ne croit plus rien ou ne croit plus en rien. Il faut même lui écrire le mode d’emploi. Mot à mot. « L’assister » dans tous les gestes de la vie. Et faire, au besoin, une campagne de publicité. Frappante et répétitive. Cognitive et bouleversante. C’est ainsi que nous allons voir, dans les jours et semaines qui viennent, une campagne d’information sur les dangers de la conduite sous l’emprise du cannabis. Certes, on le savait déjà. D’autres enquêtes les avaient déjà montrés, mais la dernière en date, en fin d’année dernière, avait eu le malheur de dire que la conduite sous l’empire de l’alcool était encore plus dangereuse. Certains esprits « malins » en avaient aussitôt déduit que le cannabis était… inoffensif au volant. Car le problème en France est que l’on a toujours tendance à considérer que tout ce qui n’est pas formellement interdit est « autorisé ».
Il faut donc tout dire, tout écrire et tout marquer. Comme sur les paquets de cigarettes où « Fumer tue » n’arrive pourtant pas à dissuader. Comme sur les bouteilles d’alcool dont l’abus est déconseillé. Ce qui n’empêche pas les excès. Et comme dans les maternités où il sera bientôt clairement affiché, à l’intention des femmes enceintes, qu’il vaut mieux ne pas abuser de la bouteille quand on attend un enfant. C’est ainsi pour tout . Pour les produits ménagers qu’il ne faut pas boire, comme pour les colles et autres enduits qu’il n’est pas recommandé de « sniffer ». C’est marqué sur la boîte ou la bouteille, et signalé par un dessin.
Tous ces interdits, toutes ces précautions et toutes ces recommandations sont, certes, citoyens et pratiques. Ils visent à éviter les accidents. Mais il n’en demeure pas moins qu’ils ne sont pas tant destinés à « protéger » qu’à éviter les procès. Les vrais comme les faux. Ceux que l’on fait aux produits en vente libre, autorisés et lourdement taxés. Et ceux que l’on fait aux produits clandestins que d’aucuns voudraient encore légaliser. Car le but n’est pas tant de veiller sur la santé du consommateur que de dégager la responsabilité du fabricant. L’information tourne donc à l’écran de fumée. Comme si la santé et la sécurité ne faisaient pas partie de l’éducation.
Fort de cette expérience ratée, il serait peut-être temps, au lieu de s’adresser continuellement aux adultes par des pseudo-publicités d’avertissement, d’apprendre tous ces dangers à l’école, avec examens à l’appui. Bref, de les « traduire » et inculquer d’abord… aux enfants.
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- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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