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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Lundi 29 mai 2006

Le tremblement de terre meurtrier en Indonésie et la disparition brutale d’Edouard Michelin ont complètement occulté, la semaine dernière, l’extraordinaire performance d’Ariane. La fusée européenne a en effet placé samedi, sur un orbite de transfert géostationnaire, 8,5 tonnes de technologie avec les satellites mexicains et thaïlandais de télécommunications. Ce qui constitue un réel record du monde en la matière puisque son concurrent direct, la fusée Proton, lancée par les Russes mais commercialisée par les Américains, ne peut emporter qu’un peu moins de 5 tonnes.

La mode est donc aujourd’hui au retour des gros « lanceurs » pour répondre notamment aux nouveaux défis de la télévision haute-définition et de la téléphonie embarquée par avion. Mais, de nouveau, va se poser la question cruciale des déchets et des débris spatiaux. Qui est responsable et qui va s’en occuper ?

Pour l’instant, deux organismes, le Norad américain et le Cnes européen, sont chargés officiellement de surveiller les déchets. Ce qui veut dire en clair qu’ils ne maîtrisent rien. Car près de 20.000 objets, dont près de la moitié proviennent de satellites désintégrés, ont été répertoriés dans l’espace depuis le premier lancement de Spoutnik en 1957. Ils errent ainsi entre 200 et 2000 kilomètres au dessus de nos têtes. Cela va du simple boulon à la batterie élaborée, en passant par des écailles de peinture, un tournevis ou des derniers étages complets de lanceurs. Des objets qui font quelques dizaines de cm ou plusieurs centaines de kilos. Et ces débris multiples en créent d’autres indéfiniment à la faveur de collisions sidérales et de « priorités » non respectées.

Bref, réellement, aujourd’hui, plus 100.000 objets métalliques sont en suspension dans l’univers et menacent non seulement les vols habités, mais tous les engins spatiaux qui concourent désormais à notre cadre de vie, qu’il s’agisse de satellites météo ou d’émetteur de radiophonie et de télévision. Tous les ans, on parle, certes, de créer une orbite « cimetière » pour propulser ainsi les satellites géostationnaires hors d’état de nuire. Mais, tout aussi régulièrement, personne ne veut d’un accord global qui restreindrait ses intérêts ou risquerait d’augmenter ses coûts plus fortement que ceux du « voisin ».

Et il y a fort à parier que, à ce rythme-là, on risque un jour de manquer d’espace. A moins que l’on attende le gros… accident.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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