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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Lundi 31 juillet 2006

A jouer avec le feu, on se brûle. Et Israël n’a pas échappé à la règle pour avoir cru un instant que ses attaques « ciblées » contre les activistes du Liban-sud pouvaient miraculeusement épargner les civils et, surtout, les enfants. Mais les dégâts « collatéraux » de cette guerre de position commencent à faire « désordre ». Le bombardement de Cana, hier, est inexcusable et injustifiable. Inexcusable parce que « aveugle », comme tous les bombardements, et « injustifiable » parce que inutile. Dès lors, il tourne au massacre des innocents et laisse indemnes tous ceux qui s’abritent derrière ces populations sacrifiées.

Mais comment faire cesser les hostilités ou protéger les Libanais alors que, dans le même temps, le Hezbollah a encore tiré, hier, une quinzaine de roquettes sur le nord d’Israël ? Comment penser que le Liban pourra avoir demain un quelconque pouvoir pacificateur sur la milice chiite alors que son Premier ministre a  « félicité » et remercié le Hezbollah, hier, pour  ses « sacrifices » ? Fouad Siniora joue sur les deux tableaux parce qu’il est, certes, pris entre deux feux, mais, en encourageant ainsi l’épreuve de force, il ne promet à son pays que des larmes et du sang.

Quant à Condoleeza Rice, elle est rentrée à Washington sans résultat tangible, mais elle n’en pouvait mais. Elle ne pouvait en aucun cas condamner Israël qui, depuis le 12 juillet, fait l’objet d’une attaque en règle du Hezbollah. L’Etat hébreu a reçu plus de 1800 roquettes sur son sol et n’arrive toujours pas à démanteler les sites de lancement d’une armée de fanatiques qui se réfugie dans la foule sitôt son forfait accompli. Seule, une invasion terrestre de grande ampleur aurait pu permettre à Israël de distinguer entre activistes et « boucliers » humains. Mais au prix de combien de morts et de blessés dans les deux camps ?

Cana a encore payé le prix du sang. Non pas seulement à cause d’Israël, mais également à cause de la communauté internationale qui est suffisamment lâche pour vouloir croire que la pax syriana est porteuse de stabilité. Ainsi, comme la Grande-Bretagne qui a tout fait, jadis, pour que le plan de partage échoue, le monde entier n’a pas voulu voir le réarmement massif des milices chiites et leur entrée en force dans le gouvernement libanais. Comme elle ne veut toujours pas voir que la prise du pouvoir du Hamas à Gaza transforme l’autorité palestinienne en simple pantin. Le Liban d’aujourd’hui est exsangue parce que les assassins de l’ex Premier ministre sunnite Rafic Hariri n’ont pas été punis. Les USA le savent, quand l’Europe, elle,… l’oublie.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Dimanche 30 juillet 2006

Trois pas en avant, trois pas en arrière... C’est un peu ce qui caractérise la politique de la France au Proche-Orient depuis une vingtaine d’années. Il est vrai que la situation est délicate et que les pièges tendus ne manquent pas. Ainsi, Paris a dû avoir des sueurs froides quand la ministre des Affaires Etrangères d’Israël a déclaré officiellement, cette semaine, qu’il acceptait que la France soit le fer de lance d’une force internationale au sud-Liban et qu’elle profite de ses bonnes relations avec le pays pour aider à désarmer le Hezbollah. Autant dire « mission suicide », car le groupe terroriste et son chef Hassan Nasrallah n’ont que faire de l’emblème tricolore de nos armées.

On comprend mieux alors pourquoi Jacques Chirac a enfoncé le clou, hier, lors d’un entretien téléphonique avec Tony Blair, savamment rendu public. Le chef de l’Etat a, en effet, signifié à son allié qu’il ne serait pas question de force internationale au Liban sans accord politique « préalable » entre les parties. Les militaires français peuvent donc ranger leurs fusils et leurs gilets pare-balles car on voit mal comment les parties, quelles parties d’ailleurs, pourraient signer un quelconque « accord politique ». Le Liban n’a aucun pouvoir de persuasion ou de coercition auprès des miliciens chiites et ne peut donc signer quoi que ce soi d’efficace. Quant au Hezbollah, il ne voudra en aucun cas parapher un accord signifiant sa… disparition armée. D’autant plus qu’il fait preuve, depuis le début de la crise, d’une détermination et d’une préparation à toute épreuve.

En fait, le Président français exprime une idée globalement partagée en Europe, sauf peut-être par la Grande-Bretagne, selon laquelle il est possible de vaincre, tel Fanfan la tulipe, la fleur au fusil. Avec des éclairs pleins les yeux, des phrases tonitruantes, des envolées chevaleresques et « la force de dissuasion » en bandoulière. Mais pas question de mettre la main dans le « cambouis ». Jacques Chirac, inquiet peut-être des déclarations ampoulées et ambiguës de Philippe Douste-Blazy et du silence embarrassé de Michèle Alliot-Marie, a donc repris le dossier en main pour définir clairement les limites de l’engagement de la France. Pas fou, certes, mais pas glorieux non plus.

Pour résumer, la France aimerait bien, là encore, que les Américain fassent le sale boulot et elle est tout prête à les y encourager, mardi, devant le Conseil de Sécurité. Un pour tous et… tous pour "un".

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Samedi 29 juillet 2006

On connaissait déjà le « pot belge ». On connaît désormais le « pot américain ». Grâce aux confidences d’un Floyd Landis, la casquette à l’envers, exilé, par « sécurité », en Espagne, le pays du sinistre docteur Fuentes, « expert » en transfusion sanguine. Vous prenez un peu de corticoïdes pour soulager la douleur, vous y mélangez quatre verres de whisky et deux de bière, vous y ajoutez deux doigts de testostérone et « le Tour » est joué. L’ensemble est détonant et fait franchir les montagnes comme de vulgaires étapes de plaine.

Pour rester sérieux, « l’après-Tour » est entré dans une nouvelle zone de turbulences dont il se serait bien passé. D’autant que les commentaires, enregistrées ici et là auprès d’anciens coureurs, qui lavent « plus blanc que blanc », n’amènent rien et ne font qu’enliser le débat. Ils expriment des sentiments alors que l’on attend d’eux des confessions. Ils émettent des hypothèses alors qu’ils possèdent des certitudes. Et ils se font « premiers communiants » après vingt ans de péchés en tout genre et autant d’absolutions. Quant aux autres « gloires », les déjà « punis » de la grande Boucle, comme Virenque ou autres, ils se taisent prudemment.

Pourtant, il est des questions qui restent sans réponse ou plutôt que l’on évite de poser. Ainsi, par exemple, en cas de confirmation de dopage, y-aura-t-il une nouvelle remise des prix ? Floyd Landis devra-t-il rendre le montant de sa dotation, soit au bas mot 466.000 euros ? Et comment fera-t-on si, comme le voulait jadis la tradition, l’ensemble des gains du maillot jaune a été reversé à son équipe, ce dernier devant « se rattraper » largement sur les critériums d’après-Tour ? Les organisateurs devront-ils alors assigner la « Phonak » pour récupérer leur mise ? Et retrouver, au minimum, les 450.000 euros offerts pour la victoire finale, qu’il faudrait reverser, pour faire bonne mesure, au second du classement Oscar Perreiro ? La firme suisse, écoeurée par tant de mésaventures au pays du vélo, pourrait bien être tentée de faire la sourde oreille. D’autant qu’elle est spécialisée en matériel auditif.

Reste que Floyd Landis est désormais en bonne compagnie. Pour tenter d’obtenir « gain » de cause, à défaut de mieux, il a choisi Madrid et le même avocat d’expérience, pour assurer sa défense, que Roberto Heras, contrôlé positif à l’EPO l’an dernier. L’homme de loi n’a d’ailleurs pas tardé pour réclamer un examen endocrinologique approfondi du coureur qui pourrait prendre « de trois à six mois ». Histoire sans doute de faire durer le plaisir, d’endormir les consciences et de provoquer des querelles d’expert. Histoire enfin de prolonger le… « contre-la-montre ».

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Vendredi 28 juillet 2006

Il avait une « belle tête de vainqueur », mais il a, semble-t-il, « cocufié » le Tour de France dans ses plus grandes largeurs. Avec la « complicité » passive des organisateurs et des suiveurs qui, sans doute déçus par une course peu animée et guère passionnante, ont voulu en faire une idole trop tôt, un « pape » du renouveau trop beau, un « Monsieur propre » du vélo.

Avant même d’avoir atteint les Champs-Élysées, l’Américain avait été « adoubé » par tout le saint-office de la petite reine. Tout cela parce que le miraculé de la Toussuire avait été béni des dieux à Morzine. Au point d’oublier sa hanche handicapée, ses jambes de trente ans, son palmarès peu clinquant et ses dix minutes de retard au classement. « Floyd, lève-toi » lui aurait dit une petite voix. Et Landis aurait obéi, enfourché son vélo, « avalé » le col des Saisies, «  digéré » les 11 échappés matinaux pour, enfin, échapper à toute résistance en haut du col des Aravis. Il ne lui restait plus alors qu’à s’envoler pour Morzine, ne faisant qu’une bouchée de la dernière difficulté du Tour, le terrible col de Joux-Plane, et terminer en roue libre avec cinq minutes d’avance...  Jamais sans doute, depuis Jésus, « résurrection » n’avait été aussi éclatante. Effacées les exploits des Charly Gaul, Claudio Chiapucci, Eddy Merckx et autres Lance Amstrong.

L’histoire était trop belle pour être crédible. Mais Jean-Marie Leblanc, le directeur de l’épreuve, n’avait voulu y voir que performance exceptionnelle.Quant à Gérard Porte, le médecin chef du Tour de France, il pérorait statistiquement sur  les « bienfaits » d’une fringale dévastatrice sans s’interroger plus avant sur les potions magiques du temps jadis, généreusement utilisées. Pire même, il déclarait vendredi dernier : « pour moi, il n’y a pas d’explication médicale autre qu’une hypoglycémie à la défaillance puis à la performance le lendemain ». La Grande Boucle devra peut-être aussi se chercher un nouveau médecin si elle veut être bien soignée.

Si la contre-expertise confirme la prise de testostérone, il faudra de nouveau s’interroger. Et réfléchir à de nouvelles mesures pour éviter de tels rebondissements après la remise des trophées. Comme, par exemple, contrôler le sang et l’urine des coureurs au départ plutôt qu’à l’arrivée. Cela ferait au moins gagner… du temps.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

Agenda

- Le 1er février - Media training à SciencesCom

- Les 4 et 5 février - Communication orale à SciencesCom

- Le 12 février - Communication de crise à Centrale

 

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