C’est Noël en juillet. Les ventes de téléviseur explosent. Les marchands de bière exultent. L’entreprise Doublet a plus que « triplé » sa production de drapeau. Et les chansons de « geste » fleurissent à la radio. Entre « Zidane y va marquer » et « qui ne saute pas n’est pas Français », le « répertoire » musical s’enrichit tous les jours. Tout comme leurs auteurs d’ailleurs.
Il est de bon ton aujourd’hui d’être cocardier. Et, à l’avant-veille de la finale du Mondial, comme, jadis à la Libération où toute la France s’était réveillée résistante, tout le pays s’affiche supporteur en tricolore. Il n’y a plus de grincheux, plus de sceptiques et de théoriciens. La rue « pronostique » la victoire avec la même ferveur qu’elle « diagnostiquait » hier l’humiliation.
Tout le monde sourit et se salue. Tout le monde s’embrasse et oublie ses soucis. Certains en arrivent même à différer leur départ en vacances pour ne pas s’éloigner du petit écran. Le tourisme est au ralenti, la productivité aussi. On ne parle que de cela. A la radio, à la télé et même dans les journaux. Tant pis pour Mauresmo qui, pourtant, authentique exploit, va disputer la finale de Wimbledon. Dommage pour Bruno Peyron qui vient de battre de plus de neuf heures le record de la traversée de l’Atlantique nord à la voile. Il n’y en a que pour le ballon rond et pour Domenech qui, contre toute attente, a su faire du neuf avec du vieux.
La qualification des Bleus, c’est bon pour le moral. Bon pour l’économie. Excellent pour la croissance. Voire... N’en déplaise au gouvernement, qui, c’est sûr, fera dimanche le déplacement, tout porte à croire en effet que les effets de la Coupe seront ponctuels et limités. Car Berlin n’est pas Paris.
Mais il est encore trop tôt pour gâcher la fête. Il reste à savourer le temps présent. Et à se préparer pour la « dernière heure », cette grande « exception » française. Aussi bien pour les joueurs que pour les… supporteurs.
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- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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