« Allons enfants de…. ». Toute la France sera ce soir à Berlin. Dans les tribunes ou par téléviseur interposé. Stade et salons affichent complet. Il n’y a plus une place de libre et, ce soir, à 20 heures, l’hexagone ne tournera plus rond, laissant sa place au ballon. Déjà, ce matin, il n’y a plus d’autres sujets de conversation. Tout est « cannibalisé » par le football, même l’actualité. Le drame de Goussainville, qui a fait deux petites victimes, est à peine évoqué. La folie « guerrière » de Kim-Jong-Il, qui menace l’occident, n’intéresse personne. Le triomphe de Mauresmo à Wimbledon passe presque inaperçu. Quant aux « sans-papiers », ils sont priés d’attendre lundi pour continuer à manifester. Quant à la visite du Pape en Espagne, on n’en parle même pas. Ou si peu.
Aujourd’hui, de Paris à Marseille, via Lyon et Brest, c’est « fête nationale » sur gazon. Et, cela voudrait bien le rester.
Même les politiques ont suspendu leurs « travaux » sine die. Nicolas Sarkozy s’occupe de la sécurité, rien que de la sécurité, mais de toute la sécurité. Des « bleus » comme des supporteurs, des CRS comme des casseurs. Rageant sans doute de ne pas être complètement de la fête, mais boudant quelques déclarations intempestives venues des vestiaires. Ségolène Royal, pour sa part, a décidé de mouiller le maillot et ira, dit-on, en Germanie soutenir les joueurs. Jacques Chirac sera également cet après-midi à Berlin, écharpe et calicot à la main, mais il se préoccupe plus déjà de leur déjeuner de demain. Jack Lang, lui, n’en finit plus de louer Franck Ribery, « l’enfant du pays ». Décidément, l’ancien Blésois « s’enracine » à Boulogne. Enfin, Dominique Strauss-Kahn, « plus rugby que foot », se laisse bercer par l’ambiance du moment, réfléchissant sans doute au moyen le plus keynésien de la récupérer.
Quant aux « purs et durs », ceux qui ne disent rien, mais n’en pensent pas… plus, ils seront néanmoins attentifs au score et prêts à descendre, eux aussi, dans les rues. Sauf Lionel Jospin qui a, semble-t-il, décidé de rester en retrait. Comme s’il se cantonnait toujours à son poste de « remplaçant », dernier recours pour la sélection de l’an prochain.
C’est pourtant vrai qu’il y a, aujourd’hui, de l’amour à partager. Et si la France gagne, il y a aura des voix à gagner. Nul ne voudra être en reste. Nul ne voudra être oublié. Chacun fera en sorte d’être « éclaboussé ». Vite et bien. Car, comme disait le grand Shakespeare, « la gloire est comme un cercle dans l’onde qui va toujours s’élargissant, jusqu’à ce qu’à force de s’étendre, il finisse par… disparaître ».
ajouter un commentaire commentaires (0) créer un trackback recommander
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
Commentaires