« La cessation des hostilités et l’arrêt des combats » devraient intervenir demain matin à 5h00 GMT. La nouvelle a été annoncée hier soir par Kofi Annan et constitue un réel progrès par rapport aux tergiversations des derniers jours. Car, pour la première fois, il est enfin envisagé un échéancier concret à la résolution 1701 de l’ONU. Et, pour la première fois également, un très large consensus semble s’être dégagé sur le sujet. Israël et le Liban ont ainsi donné, hier soir, leur accord formel à cette proposition.Quant au Hezbollah, il a déjà affirmé, par la voix de son leader Hassan Nasrallah, qu’il s’engageait à respecter ce plan dès lors qu’un accord serait conclu.
Par ailleurs, dans l’ombre, les pays arabes semblent appuyer de tout leur poids cette ultime « offensive » diplomatique. Ainsi Hosni Moubarak, le président égyptien, sera aujourd’hui en Iran pour convaincre son homologue iranien de respecter l’embargo sur les armes et de donner une « chance » à la trêve. Quant au Quatar, il a largement influencé ces jours derniers la solution pacifique en tant que futur bailleur de fonds de la reconstruction du Liban.
Pour autant, tout n’est pas réglé. Si les combats s’arrêtent réellement demain, les Israéliens n’en resteront pas moins au sud-Liban tant que la force internationale ne sera pas déployée pour les remplacer. Il y a donc désormais urgence à constituer cette alliance « Finul renforcée - armée libanaise » qui sera chargée de faire respecter le cessez-le feu et, à terme, de désarmer la milice chiite. Car tout jour supplémentaire de présence d’Israël près du fleuve Litani sera source de conflit. D’autant que l’Etat hébreu a déjà prévenu que Tsahal continuera à se battre contre les miliciens présents dans les secteurs où il « opère ». Pas question, donc, de reculer d’un pouce tant que la force de substitution ne sera pas en place. Et on peut penser que le Premier ministre Israélien Ehoud Olmert, déjà fragilisé sur un plan intérieur par ce qui n’apparaît pas comme une « victoire », sera intransigeant sur ce point.
Reste que, même si de nombreux points sont obscurs dans l’accord, même si la résolution fait le distinguo subtil entre les opérations militaires offensives et défensives d’Israël, le grand défi a changé de main. Il s’agit désormais aux membres du Conseil de sécurité de s’accorder entre eux pour constituer cette force de 15.000 hommes aux pouvoirs élargis. La France a donné son accord, l’Italie et la Turquie aussi. Mais c’est encore bien peu. D’autant que Jacques Chirac a bien prévenu que la France renforcera sa participation « en fonction de l’existence d’une juste répartition entre les pays qui fourniront des contingents ». Ce qui promet, après un mois sanglant, quelques nouvelles querelles… de clochers.
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- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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