On doit reconnaître à Laurence Parisot d’avoir su, en très peu de temps, changer l’image surannée, figée, voire parfois rétrograde, et conservatrice du MEDEF incarnée jadis par le baron Seillière. Ce petit bout de femme énergique et courtoise a même réussi à transformer son université d’été en mini-Davos hexagonal. Depuis mardi, tout le monde se presse à HEC, tant les syndicalistes que les politiques. Ces derniers viennent pourtant à Jouy-en-Josas passer un « grand oral » sans complaisance qui les change de leurs habituelles salles de meetings avec applaudisseurs et sans contradicteurs. Leurs prestations sont d’ailleurs saluées comme elles le méritent, poliment et prudemment. Et bien malin sera celui qui saura deviner, derrière les chuchotements des travées, les emballements de la majorité. Nicolas Sarkozy, attendu ce soir, bénéficie, certes, d’une certaine préférence que l’on pourrait presque qualifier « d’habituelle » ou d’historique, mais le ministre de l’Intérieur devra faire preuve de « cohérence » s’il veut convaincre madame la Présidente.
Etonnant donc ce Medef 2006 qui avait placé son travail, cette année, sous le slogan « Concilier l’inconciliable » et qui, déjà, y parvient largement en rassemblant des hommes et des femmes de tous les horizons sociaux et politiques ! L’actualité et l’agenda s’y prêtaient sans doute, mais il est d’autres temps ou nombre de ces leaders d’opinion auraient même refusé de se saluer.
Chacun semble donc désormais accepter l’idée que rien de bien ne pourra se faire demain sans une relance du dialogue social et un renforcement du dialogue économique. C’est un progrès qui nous rapproche du « siècle des Lumières » longuement évoqué lors de la première journée de l’université d’été du mouvement patronal. Il n’évitera pas les confrontations, mais il pourra les éclairer d’un jour nouveau, par une meilleure connaissance des hommes et un respect mutuel.
Les seuls finalement à ne pas avoir bénéficié de ces « éclaircissements » auront été les rares absents à ces débats de société, Ségolène Royal d’un côté et Bernard Thibault de l’autre. Quelles que soient leurs raisons, ils ont eu fondamentalement tort. Prisonniers parfois de leur « ego », sûrs de leurs connaissances économiques et soucieux peut-être d’éviter la confrontation des hommes et des idées, ils ont en effet raté une belle occasion de réécrire l’histoire. Ou plutôt de tourner définitivement un chapitre. Celui d’une lutte des classes synonyme à tout jamais de confrontations stériles et de… déclin assuré.
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Il est un nouveau fléau qui menace le monde et dont on parle peu. Qui touche toutes les classes sociales sans distinction de race ou de religion, avec même une préférence pour les plus pauvres. Qui s’aggrave au fil des ans et peine à trouver remèdes sur tous les continents. Qui fait sourire, mais qui fait aussi mourir dans l’indifférence générale. C’est l’obésité. En 1990, cette maladie touchait près de 100 millions d’Américains, mais aussi 60% de la population mexicaine, 24 % des femmes saoudiennes, 42% des Colombiens et 10% des enfants de 10 ans en France. Chez nous, plus de 43% des personnes âgées de plus de 15 ans sont maintenant en surpoids. Bref, quatre Français sur dix sont trop gros, voire obèses. Enfin, vaste sujet d’interrogation et de réflexion, on compte aujourd’hui, selon la FAO, autant de personnes obèses que de personnes dénutries dans le monde. On peut même estimer que la « balance » a changé de côté.
La mode est donc aux universités d’été. Après le PS et avant l’UMP, c’est au tour du Medef et de la Ligue Communiste révolutionnaire de sonner l’heure de la rentrée, sans d’ailleurs que les deux évènements ne soient liés. La LCR a choisi « d’étudier » les pieds dans l’eau, à Port-Leucate, tandis que l’organisation patronale se fait plus studieuse dans les locaux d’HEC, à Jouy-en-Josas.
Le troisième homme ! Celui du secours ou du recours. Quel leader politique n’a pas eu, un jour, cette envie de brouiller ainsi les cartes ou même d’incarner cette solution ! Qu’il soit manipulateur ou manipulé, la jouissance de l’homme ainsi désigné ne doit bien souvent avoir d’égale que l’ambition qui le porte. Et cette tentation de tous les âges, de tous les temps et de toutes les époques transcende tous les camps. Hier à gauche, aujourd’hui à droite, il n’est de parti à l’abri quand nul ne se détache vraiment, quand personne n’incarne l’adhésion de tous ou la raison du plus grand nombre. Quand, surtout, les caciques voient le pouvoir leur échapper sans aucun moyen de le contrôler.
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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