A défaut d’aller au Liban pour désarmer le Hezbollah, l’armée française pourrait-elle se rendre en Corse pour désarmer le FLNC ? Même s’il n’est pas sûr que « l’entreprise » soit moins dangereuse, nos militaires pourraient au moins y aller pour « s’entraîner ». Et, en cas de problème, on sait déjà que l’on pourra appeler en renfort les Italiens. Car la situation est cocasse quand un pays qui se prétend gendarme du monde, membre éminent du Conseil de Sécurité et stratège en « résolution » de conflit , n’est pas maître chez lui. Comment peut-on alors espérer d’une nation qu’elle fasse respecter un embargo sur les armes en provenance de Syrie et d’Iran dans un pays ouvert à tous les vents, si elle n’est même pas capable d’empêcher les détonateurs de parvenir sur une île ? L’ONU a, dès lors, bien raison de se poser des questions et de vouloir changer de commandement.
Quant aux citoyens Français, ils commencent à en avoir marre d’entendre chaque matin, aux actualités, parler du plasticage de résidences en cours de construction ou d’actes de révolution. Il ne se passe guère une semaine, en effet, sans qu’une gendarmerie soit attaquée, une Direction de l’Equipement criblée de balle, une mairie mitraillée ou une maison dynamitée. Tout cela aux frais de l’Etat, c’est-à-dire, la plupart du temps, du contribuable. Derniers évènements en date le 23 juillet, le 5 août et le 14 août à Calvi, le 9 août à Ajaccio, le 5 août encore à Bastia, Corte, Porto-Vecchio et Pianotolli-Caldarello, près de Sartène. Bref, du nord au sud et d’est en ouest. A croire que les munitions circulent ici plus facilement que les touristes et que leur approvisionnement ne pâtit pas des grèves à répétition de la SNCM. L’on sait aussi, depuis l’affaire Pieri, que tous les « secteurs » de l’Ile sont touchés, du tourisme au football, en passant par le transport et le… BTP. Logique, car il faut bien… reconstruire. Bien sûr, le Préfet du coin condamne « avec fermeté » ces agissements mais, comme s’il craignait toujours de heurter une quelconque susceptibilité, il exprime aussitôt sa confiance en un improbable sursaut républicain. Rien n’aurait-il donc changé dans ce « pays » depuis l’assassinat du Préfet Claude Erignac, le 6 février 1998 ?
Hier matin, près de l’aérodrome de Corte, la police a retrouvé le corps de deux hommes tués dans l’explosion d’une bombe qu’ils transportaient. Un troisième homme est à l’hôpital, grièvement blessé et sous surveillance policière. Mais, pour « tuer » le terrorisme corse, on ne peut pas compter uniquement sur les… maladroits.
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- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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