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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Mardi 8 août 2006

Les espions et agents secrets français ont parfois des attitudes et des « pudeurs » surprenantes. Surtout lorsqu’ils sont pris la main dans le sac. A tel point que l’on peut s’interroger largement sur les conditions de leur recrutement. On en a eu l’illustration récente avec les petits « papiers » du général Rondot dans l’affaire Clearstream. Et on en a encore la démonstration avec l’étonnante procédure diligentée par les faux-époux Turenge contre une chaîne de télévision locale néo-zélandaise. Les avocats d’Alain Mafart et de Dominique Prieur ont en effet tenté d’interdire la diffusion du film de leur comparution devant un tribunal d’Auckland après le sabotage du Rainbow Warrior. Le « couple » n’y apparaît certes pas à son avantage. D’autant qu’il a plaidé « coupable » devant la Cour et que, à travers lui, c’est un peu la France qui a été condamnée. Mais ce n’est pas pour cette raison que nos deux espions ont saisi la justice de ce pays. Ils ont introduit cette action tout simplement parce que on ne leur avait pas demandé leur autorisation pour prendre ce film, mais aussi pour atteinte « à leur vie privée ». Alors là, on se perd en conjectures. Les faux époux Turenge auraient-ils été plus proches dans la vie qu’il n’y parait ? Leur métier d’agent secret n’aurait-il pas été une extraordinaire « couverture » destinée à cacher leurs… amours clandestins ? "Voici" devrait s'y intéresser de plus près.

Toujours est-il que les magistrats néo-zélandais n’ont pas été sensibles à leurs arguments et que, 21 ans après les faits, ils ont jugé, hier, que le grand public et les nouvelles générations avaient largement droit à leur part de vérité. D’autant qu’ils ont pu estimer, à bon droit, qu’Alain Mafart et Dominique Prieur, condamnés en 1985 à dix ans de prison, avaient largement bénéficié d’un traitement de faveur. Les deux espions avaient en effet été remis aux autorités françaises un an plus tard pour, soi-disant, purger le restant de leur peine en France. Ce dont personne n’a été dupe. Ici comme ailleurs.

Aussi, nos deux plongeurs amoureux auraient sans doute été mieux conseillés de rester dans l’ombre. Car, même s’ils ont aujourd’hui changé d’activité ou de partenaires de jeu, ils ont suffisamment nagé en eaux troubles pour ne pas pouvoir prétendre à un certificat de… virginité.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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