L’hiver n’est pas encore arrivé, avec ses nuits trop longues, trop profondes et trop « complices » que, déjà, les banlieues « s’invitent » sur la scène politique. D’un côté, « on » publie un rapport préfectoral datant de trois mois. Ce qui prouve encore une fois que, dans notre République, les secrets sont toujours les moins bien gardés ou que le « préposé » à la réponse a préféré organiser la fuite pour détourner l’attention. De l’autre, deux CRS se font « tabasser » dans la cité des Tarterets sans que leurs supérieurs estiment que le quartier soit plus dangereux qu’ailleurs.
Alors, aussitôt, la polémique s’enfle et l’on cherche des coupables à tout prix et à tout va au lieu de s’attaquer aux causes du « délit ». Pour les uns, c’est la faute au manque de policiers, pour d’autres, c’est la faute aux juges. Comme s’il suffisait de multiplier par deux les effectifs de la maréchaussée ou même d’installer l’armée, avec chars et mitrailleuses, à Vénissieux, Pantin, Trappes, Strasbourg et autres « terres » de combats, pour solutionner le racket, la drogue, les violences urbaines, les vols de voitures, les tags, les insultes, les mobiliers dégradés, les boîtes aux lettres arrachées, les ascenseurs défoncés, les « tournantes », les cambriolages, les rixes, les overdoses et les petits trafics. Ou comme s’il suffisait de prononcer des peines de prison ferme et de remplir les cachots de Fleury, de la Santé, qui débordent déjà, avec de jeunes malfrats qui ne demandent pas moins que d’entrer en prison comme on entre en formation continue.
Une nouvelle fois, on cherche des lampistes par peur de désigner les coupables. Une fois encore, on détourne l’attention par peur de dire la vérité. Car répression et sanction n’ont jamais solutionné les problèmes d’éducation, de « rééducation » ou de rapports à l’autorité. Si, aujourd’hui, toute une génération semble sacrifiée et condamnée à errer, de petits boulots en chômage, si aujourd’hui les personnes âgées se font « piétiner », insulter et rançonner, ce n’est ni la faute à la justice, ni celle de la police. Ni même la faute, « ailleurs », à un problème d’effectifs. Qui ne sont tous que « pansements » sur jambe de bois. Le jour où tout le monde saura enfin s’en convaincre pour réfléchir et prendre les mesures adaptées, sans crainte de stériles luttes corporatistes dignes de petits boutiquiers, sera à marquer d’une grosse pierre blanche. Et ce sera, comme le jour où l’on a marché sur la lune, un petit pas pour l’homme et un grand pour… l’humanité.
ajouter un commentaire commentaires (0) créer un trackback recommander
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
Commentaires