Il ne sert à rien, dit-on, de remuer le passé. Certes ! Mais si ce que raconte Valéry Giscard d’Estaing dans son nouveau livre « Choisir », troisième tome de ses Mémoires, est exact, c’est atterrant ! Si les affirmations de l’ancien président de la République concernant Jacques Chirac sont vraies, c’est consternant ! Si, enfin, le chef de l’Etat actuel espérait encore se représenter aux suffrages avec une image de pure virginité, eh bien, c’est raté. Définitivement. Car tout mensonge semble « écarté » en la matière. On peut légitimement penser, en effet, que l’ancien locataire de l’Elysée a eu envie, au soir de sa vie, de dire pour une fois toute la vérité aux Français, au « fond des yeux ». Sans rancune, mais aussi sans oublis. Et ce bal des traîtres et des « faux-culs » ne peut que donner envie de vomir.
Si l’on s’en doutait un peu, chacun manquait pour le moins de confirmations. C’est fait désormais, écrit, publié et dénoncé. Avec les meilleures « feuilles » en avant-première dans l’hebdomadaire « Le Point » de cette semaine.
Cela pose finalement deux questions, l’une étant le contraire de l’autre, sur nos institutions. Faut-il être une « crapule » pour espérer devenir un jour président de la République et le rester ? Ou bien est-ce que les hommes intègres et honnêtes n’auraient définitivement aucune chance de pouvoir un jour servir leur pays dans ce marigot où Machiavel le dispute à Rousseau ?
Pour éviter de répondre trop vite à ces deux questions et, surtout, parce que les hommes sont… les hommes, il est sans doute temps de mettre un terme au « carnet des tentations ». D’instituer d’autres règles du jeu pour gouverner, avec, en premier lieu, la limitation des mandats dans la durée. Le citoyen devrait, à l’aube d’une campagne présidentielle qui s’annonce acharnée, peser pour que chaque postulant s’engage à intégrer dans la Constitution, s’il est élu, l’idée d’un mandat renouvelable une seule fois et s’oblige ainsi à choisir entre « carrière » et dévouement. Il n’y aurait alors plus d’hommes ou de femmes pour mélanger fonction électorale et « métier » politique, pour confondre « servir » et « se servir » et pour rebondir délicieusement et éternellement dans le giron de l’Etat.
Avec le risque aussi, malgré tout, qu’il n’y ait plus assez de… candidats.
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- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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