Chaque soir désormais, à la télévision, les Espagnols assistent, presqu’en direct, au débarquement massif d’immigrés clandestins sur leurs côtes. Ces derniers, hommes, femmes et enfants, arrivent épuisés, décharnés, transis, sans bagages, ni ressources, à bord d’embarcations misérables qui, par on ne sait quel miracle, ont refusé de couler. Ils sont ainsi près d’un millier de clandestins à avoir choisi de « s’échouer » aux Canaries, lors des dernières 24 heures. Soit, en quelques jours, plus du quart des « arrivées » enregistrées l’an dernier. Soit en un mois, le double de toute l’année passée. Et ce « souffle » de liberté qui pousse toute la misère d’Afrique vers l’Europe de l’espoir ne semble pas prêt de s’arrêter. C’est un peu comme si tout un continent avait répercuté, jusque dans les villages les plus reculés, l’écho des 700.000 régularisations de sans-papiers accordées en 2005 par José Luis Zapatéro pour fêter son accession au pouvoir. Et ce qui est vrai en Espagne l’est aussi en Italie, via la Sicile, où le gouvernement Prodi a régularisé plus de 500.000 personnes.
La situation est devenue ingérable. Même si l’Espagne affirme qu’il fallait le faire pour lutter contre le travail au noir. Même si l’Italie constate que ses régimes de sécurité sociale ont enregistré ces derniers temps une hausse salutaire des cotisations. Aujourd’hui, le chef du gouvernement espagnol appelle à l’aide. Il supplie même l’Europe de venir l’aider à surveiller ses eaux territoriales. Le leader socialiste jure que l’on ne l’y reprendra pas. Mais le mal est fait et nul n’a de solution. On nous annonce bien une « initiative » commune de la France, l’Espagne et l’Italie, le 20 octobre prochain. Mais d’ici là, au rythme où vont les choses, 10.000 clandestins seront encore arrivés sur l’archipel des Canaries. Et presque autant à Lampedusa.
L’Europe se cherche une immigration idéale. « Sélective » pour les uns, « choisie » pour d’autres, mais en aucun cas « sauvage ». Le problème est que personne n’a encore trouvé la clé pour « couper le robinet ». Et que les pays africains se font tirer l’oreille pour participer aux rapatriements.
Madrid, par la vois tonitruante de sa vice-Premier ministre, Maria Teresa Fernandez de la Véga, a exigé hier plus de moyens de l’Europe pour lutter contre cette immigration clandestine. Elle réclame notamment « bateaux et avions » en masse pour dissuader enfin les candidats au départ. Mais toute cette armada pour quoi faire ? Car à défaut de créer une nouvelle ligne Maginot « flottante », on voit mal les Européens se mettre à… tirer sur les pirogues.
En comparaison, l’affaire de Cachan, en France, n’est qu’une goutte d’eau. Mais ce n’est pas en invitant, par pure démagogie, esprit de contradiction ou de provocation, cette « goutte d’eau » au stade de France que l’on contribuera à résoudre l’immigration ou à empêcher l’inondation.
L’exigence du co-développement n’a que faire des « bons sentiments ». Et il faudrait peut-être reprendre le problème à… la source.
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- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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