Samedi 28 janvier 2006
L'âpreté du débat, jeudi soir à la télévision, sur les bienfaits ou non de la présence Française outre-mer, a largement "débordé" le cadre de la colonisation pour redevenir.... hexagonal. Et, en filigrane, chacun a pu se poser cette question essentielle : la France est-elle encore aujourd'hui une valeur partagée et considérée?
Chaque jour, en effet, l'actualité nous montre que le respect des autres est considéré comme une valeur bourgeoise. Quant au respect de la société, il est abordé comme un idéal suranné. Partout, et par tout le monde, il importe de montrer sa différence et de la revendiquer.
Désormais, se découvrir devant une femme, laisser sa place aux personnes âgées, aider un aveugle à traverser la rue ne sont plus des comportements à la mode. Il est de bon ton de s'encanailler en toutes circonstances. De cracher par terre, de présenter son CV en jean, de laisser son chien faire ses besoins devant la porte de son voisin. De "blasphémer" à tout propos. Enfin, signe des temps, l'agressivité s'affiche au grand jour.
Tout cela ne serait pas vraiment trop grave si cela ne participait d'une déliquescence totale des valeurs collectives et individuelles. Rendre service fait perdre du temps. Témoigner dans un accident, c'est s'attirer des ennuis. Venir au secours d'une personne attaquée, c'est s'exposer à prendre un coup. Dénoncer un vol, c'est passer pour un délateur. L'acte civique est devenu suspect.
Quant aux victimes, elles n'attirent plus vraiment la compassion. Se faire agresser, c'est l'avoir cherché ou provoqué. Etre cambriolé, c'est avoir suscité la convoitise. Etre licencié, c'est ne pas avoir été à la hauteur. Etre chômeur, c'est être glandeur... Et, côté "coupables", on assiste à la même perversion d'explications. Voler son prochain, c'est y avoir été contraint. Casser des vitrines en manif, c'est exprimer son mal-être. Taper du flic, c'est lutter contre la répression aveugle. Violer quelqu'un, c'est manifester une pulsion incontrôlable. Etc...
Le mal citoyen se cherche toujours des excuses. La France est devenue un gigantesque "ventre mou" qui se nourrit d'honneurs, de consommation et ne s'attarde plus à ces vulgaires considérations que sont la reconnaissance, l'effort, la rigueur et l'exemplarité. Le "citoyen inconnu" d'aujourd'hui n'a ni le temps, ni les moyens de s'attendrir et nul n'est... responsable. Chacun fait ainsi son marché noir des valeurs collectives.
Dès lors, face à un tel déficit d'éducation, de respect et d'amour des autres, combien dérisoires apparraissent les mots de multi-culturalisme ou de discrimination positive. Piètres expressions qui ne deviennent, en fait, face à l'effondrement de l'essentiel, que revendications de pouvoir.
Demain, la société ne pourra relever la tête que lorsque la France sera redevenue une valeur partagée et respectée. Fière de son passé, consciente de ses erreurs, mais confiante en l'avenir. Et, surtout, quand les pères de ce pays, tous les pères, oseront de nouveau, tel Kipling, dire à leurs enfants : "tu seras un homme mon fils".
par le blog-notes de Jean-Paul Busnel
publié dans :
jpbusnel
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- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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