Il est des phrases merveilleuses qui sont tout autant des figures de style que des aveux d’impuissance, voire d’inexistence. Surtout quand elles révèlent un populisme des plus affligeants. « Mon opinion est celle du peuple français puisque c’est le peuple français qui doit se prononcer ». Comment ? Quoi ? On doit se pincer et se repasser la phrase en boucle pour être sûr d’avoir bien entendu. Car à quoi bon avoir un candidat quel qu’il soit, à la Présidentielle, aux municipales, aux cantonales, aux Législatives, si c’est le peuple qui décide de tout et pour tout. A quoi bon avoir des idées si ce sont celles de l’opinion majoritaire qui toujours l’emporteront. A quoi bon s’interroger sur la présence de la Turquie dans l’Europe si la question ne concerne déjà plus ceux qui rêvent d’être élus. Bref, à quoi bon voter si un référendum suffit. Et, à l’extrême, on peut même imaginer qu’il suffirait de faire un bon sondage pour savoir comment gouverner. Cela coûterait deux fois moins cher que de se présenter aux urnes ou d’entretenir une bande d’incapables qui, dès qu’une question dérange, ouvre le « parapluie ». Au pire, désormais, on pourrait même faire comme la Star-Ac’ et appeler Nikos Aliagos en renfort pour poser la question essentielle : « Si vous voulez que Ségolène reste, téléphonez ou envoyez un SMS à TF1.
Voilà donc un candidat qui renverse l’ordre des facteurs. Jadis on votait pour une personnalité qui avait des idées, des principes, des valeurs, des attitudes et un programme. Qui sortait de l’ordinaire et avait de l’ambition pour son pays. Aujourd’hui, ce « prétendant » nouveau style ne nous propose rien sinon d’être le porte-voix de l’expression majoritaire, la potiche de service, le « Poujadiste » de retour.
Les « Ya-qu’à » et les « faut qu’on » ont enfin trouvé leur bonne étoile qui, désormais, à longueur de conférences, nous promet un univers plus lumineux et un ciel durable. Hier, cette étoile a prêché, devant plusieurs dizaines de journalistes ébahis, pour une présidence européenne réussie « qui se prépare tôt », pour « reconstruire le lien de confiance ». Elle a estimé qu’il fallait changer « de méthode et construire l’Europe par la preuve », pour répondre au souci de « démocratie participative ». Le discours a duré trois quarts d’heure, mais il aurait pu encore se poursuivre beaucoup plus longtemps tant la bonne étoile brillait par son… silence.
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- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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