Présentation

  • : La Communication de crise
  • jpbusnel
  • : Société
  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Calendrier

Octobre 2006
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31          
<< < > >>

Commentaires

Mardi 31 octobre 2006

A quoi pense donc le chef de l’Etat quand il déclare dans « Le Figaro » d’aujourd’hui que « tout est possible » pour la Présidentielle de 2007 ? A quelle nouvelle stratégie perverse se livre Jacques Chirac quand il se pose en arbitre du gaullisme et en donneur de leçons sur « l’esprit d’unité et de rassemblement » ? La veille d’un scrutin révèle toujours d’étranges tempéraments et efface bien des mémoires. Il est ainsi étonnant de voir combien d’hommes d’Etat « dissimulent », une fois tous les cinq ou sept ans, de sombres Machiavels. S’ingéniant à dresser les uns contre les autres, à diviser pour mieux régner, à semer le doute ou la rumeur et à s’auto-décerner des brevets de bonne gouvernance ou de moralité. C’est aussi tout le pari de la politique d’aujourd’hui qui consiste à savoir mentir à bon escient et à flatter éternellement courtisans et anciens combattants.

On en avait déjà eu l’illustration en d’autres temps, quand la gauche faisait programme commun et que son Président se défendait de toute compromission. Quand il était à l’écoute « téléphonique » de tous les Français et jurait sur le coeur qu’il était innocent. On en a encore aujourd’hui la parfaite démonstration quand il n’est pas une semaine qui ne nous plonge dans les abîmes profonds de la « Chiraquie », avec fonds secrets et petites économies. Le tout caché par de grandes idées et de pompeuses déclarations.

Car le « pouvoir » exige de ses laudateurs, comme de ses serviteurs, quelques sacrifices. Il impose de rappeler périodiquement aux électeurs que l’on existe. Et que l’on est à la « source » de toutes les améliorations. Aujourd’hui, le président de République, en parfait marionnettiste, entend bien montrer qu’il détient tous les fils de « la » solution, qu’il ne s’est pas passé un instant, durant son voyage en Chine, où il n’ait pensé à la France et que la nouvelle baisse du chômage ne tient pas de « l’opération du Saint-Esprit » . Il a ainsi délivré satisfecit et compliments, encouragements et avertissements.

Jacques Chirac applique à la France et aux Français de vieilles recettes qui ont fait leurs preuves. Avec, en conclusion, cette boutade qui n’en est pas une : « je souhaite que la majorité garde à l’esprit le vieux principe selon lequel l’union fait la force, et qu’elle agisse en conséquence ». Histoire peut-être de rappeler que les principes sont, pour lui, toujours d’actualité quand ils s’adressent… aux autres.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 30 octobre 2006

Lula a encore gagné et le Brésil a réélu massivement son ancien ouvrier métallurgiste devenu Président. Pourtant, depuis 2002, le pays n’a pas vraiment changé. La corruption fait toujours rage et la croissance n’a pas vraiment décollé malgré une excellente année 2004. Luiz Inacio Lula da Silva a, pour l’instant, échoué dans son programme de réforme. Mais il a su, habilement, lors de son mandat et de cette campagne, jouer sur les peurs de l’avenir, surfer sur cette crainte du chômage et de remise en cause du programme « Bourse famille », initialement appelé « Faim zéro », qui profite à 11 millions de familles démunies. Le président Lula a finalement été réélu par la misère des gens, par tous ceux qu’il a « sauvé » grâce à l’augmentation significative des prestations sociales. Et c’est déjà pas si mal.

Il s’agit donc de la victoire « pragmatique » d’un candidat dont la politique des « petits pas » a, certes, pu décevoir les classes moyennes, mais l’a assuré du vote d’un prolétariat majoritaire parmi 125 millions d’électeurs. Cette stratégie ne manque pas de panache car Lula avait, ces derniers temps, tout contre lui, les commissions d’enquête parlementaires, l’hostilité permanente de la presse et la pugnacité des candidats de l’opposition. Et même… son propre parti, le parti des Travailleurs, dont des membres influents viennent d’être arrêtés piteusement, il y a une dizaine de jours, dans une chambre d’hôtel de Sao Paulo, avec 600.000 euros en liquide destinés à acheter on ne sait quel dossier compromettant.

Paradoxalement, Lula, l’ex-syndicaliste, est sorti  presque indemne de tous ces « traquenards ». Son passé d’ouvrier semble tout lui excuser, ses erreurs comme ses maladresses. Chacun dans le pays veut bien croire que « le protecteur des pauvres » ne savait pas, qu’il a été « trahi », trompé par ceux qui l’entouraient lors de son premier mandat. Victime finalement de son inexpérience et de sa générosité.

Mais aujourd’hui, Lula devra, encore et encore, travailler à reconstruire le pays. Il lui faut absolument donner un supplément d’âme à ce territoire de près de 190 millions d’habitants qui, fier de célébrer un nouveau mythe à l’égal de celui du « roi Pelé », rêve désormais de « couronner » un… vrai Président.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Dimanche 29 octobre 2006

L’actualité aurait dû être, ce matin, de ne parler que de la course du Rhum. De ces fantastiques voiliers qui, aujourd’hui alignés pour le départ, rêvent tous de s’envoler vers la victoire. A contre-courant de la vie et de la fureur, parfois, des océans. La marine à voile nous ramène ainsi, périodiquement, à l’« essentiel » de l’homme qui doit compter avec les éléments, dompter éternellement sa peur et ses angoisses, dominer ses crises de découragement et suivre sa route au fil du temps. Mais l’actualité est en deuil. En deuil d’amour et de légèreté. Elle s’est déplacée tristement d’un port à l’autre, d’un univers de beauté à un vulgaire rond-point de quartier, quittant Saint-Malo pour Marseille et la lumière pour les ténèbres. Tout cela parce qu’une poignée d’imbéciles, toujours la même et « clonée » désormais par milliers sur tout le territoire, a encore voulu jouer avec l’impunité de l’air du temps. Et avec la… vie des gens. Ce matin, une jeune femme de 26 ans se débat pour survivre dans un chambre stérile anonyme des hôpitaux de Marseille. Et même si elle en réchappe, elle portera à jamais les brûlures et stigmates de cette violence « ordinaire » à deux pas de chez elle, de ses amis, de ses parents.

Cette « irakisation » des banlieues, où l’on érige maintenant des stèles pour des enfants qui se sont stupidement électrocutés pour avoir fui devant la police, et où l’on se contente de serrer la main des victimes ou de leurs proches, sans statue ni couronnes, ne devrait plus avoir « droit de cité ». La tolérance zéro a, certes, mauvaise presse, et est difficile à réaliser. C’est une méthode musclée qui n’a ni la faveur des « éducateurs », ni celle des libertaires, pour qui il faut souvent que la « chienlit » prospère. Et encore moins celle de certains magistrats qui, « instruits » par des pamphlétaires de l’ordre et de la justice, semblent toujours s’excuser de devoir prononcer des sanctions. Mais il est pourtant nécessaire de rétablir l’ordre et la justice pour pouvoir espérer, un jour, venir à bout des agressions et des discriminations. Car c’est le seul vrai moyen d’apaiser les tensions et de supprimer le racisme qui se fait jour à chaque apparition de « cagoule » ou de pantalon bouffant. C’est aussi l’unique manière de « casser » cette image des cités perdues condamnées aux tags, aux cambriolages, aux dégradations, aux incivilités et au verre brisé. Comme si elles n’avaient pas déjà assez de se battre contre le chômage et les difficultés du quotidien. C’est en tout cas le seul moyen d’éviter de nous rapprocher d’une dictature où il faudra, demain, justifier de son identité pour sortir dans la rue.

En « attendant », chaque voyou impuni d’aujourd’hui nous « désigne » comme nouvelle ou prochaine cible. Et nous assure tempêtes et déchirements plus sûrement que les caprices du temps. Des Minguettes à Bobigny, comme de Marseille à… Saint-Malo.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Samedi 28 octobre 2006

Il est, heureusement, des évènements pour nous sortir de la morosité hexagonale. Pour nous extraire des bus de banlieues et nous distraire des jurys populaires. Le salon du chocolat est de ceux-là. Annuel et de bon goût, il célèbre depuis douze ans la finesse des artisans de toutes les couleurs et de tous les pays. Aujourd’hui, pour l’inauguration, près de 400 « experts » venus d’Allemagne, de Belgique, du Canada, du Japon, de Syrie et d’ailleurs, vont présenter leur « richesse » au monde entier. Et c’est de l’or en barre. Qu’il soit noir ou blanc, café au lait, fourré ou délicieusement truffé, le chocolat abolit les frontières et satisfait tous les palais. Il réconcilie frères ennemis, produit national brut et exportations. En apparence, parfois, car il aiguise aussi les appétits et provoque des guerres des prix. On meurt encore dans le monde pour le cacao, comme en Côte d’ivoire ou au Venezuela.

Mais l’heure est aujourd’hui à la délectation, pas à l’affliction. Et toute cette débauche de gourmandise va enchanter la porte de Versailles à Paris pendant cinq jours. Avec, en prime, des défilés de mannequins à « lécher », tous les jours à 16 heures. Sauf le lundi. On ne sait d’ailleurs pas pourquoi on ne peut « déguster » de ce chocolat « habillé » le lundi. Ce n’est ni jour de shabbat, ni carême prieur. Ni même un reste de ramadan. Peut-être un dernier sursaut des 35 heures qui obligeraient artisans et ces dames à fermer bouches et comptoirs ? Reste que, les autres jours, tout le monde sera là. Spectateurs et producteurs, voyeurs et amateurs. Tous à espérer secrètement que des projecteurs trop puissants fassent fondre qui, une épaule, qui un tour de hanche trop aguichant.

Le chocolat a de ces vertus que la morale ne réprouve pas. On peut non seulement le manger des yeux, mais aussi le manger tout court. Avec même des alibis tout trouvés quand on sait que les bénéfices du coffret d’anniversaire vendu à l’occasion de ce salon seront reversés à l’association « La Voix de l’enfant » parrainée par Carole Bouquet.

Non ! le chocolat, le vrai, le pur, le dur, le moelleux et « l’affectueux » ne fait pas grossir. Il fait seulement gémir de plaisir, hurler de contentement et se pâmer de ravissement. Comme, jadis, Madame de Sévigné. On l’aspire goulûment, tendrement, lentement avec cette ivresse des moments rares que l’on ne veut pas, pour une fois, partager.

Il y en a six tonnes à déguster. Mais attention aux contrariétés car, sur 14.000 m2 d’exposition, cela ne fait pas beaucoup de carrés… par personne.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander

Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

.

Jean-Jacques ROUSSEAU

Agenda

- Le 1er février - Media training à SciencesCom

- Les 4 et 5 février - Communication orale à SciencesCom

- Le 12 février - Communication de crise à Centrale

 

referencer son site web sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus