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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Samedi 7 octobre 2006

Si l’on en croit « le Parisien-Aujourd’hui en France » de ce matin, Michèle Alliot-Marie serait la dernière candidate en date de la Présidentielle de 2007. Tout juste descendue de ses Pyrénées, comme jadis François Bayrou, elle aurait entendu « l’appel de Roland », ce son du cor qui crie à l’aide et mobilise les combattants. Prête à tout braver, l’investiture de son parti comme la colère de Nicolas Sarkozy, elle aurait décidé de « s’engager » au service de son pays, ce qui est un comble pour un ministre des Armées, quitte à le payer de ses propres deniers. Premier son du clairon prévu dans quelques jours, mardi au plus tard.

Voilà donc une nouvelle « générosité » à saluer bien bas. Très bas… « Tout bas » aurait dit Sacha Guitry.

Ainsi, quand la médiocrité l’emporte sur tous les plans depuis des décennies, quand l’ambition prend le pas sur la raison, chacun se croit, se voit, se pense, se déclare, s’imagine un jour Président. Pour les uns, il suffit de bien « présenter », d’être bien né, de bonne famille et d’avoir été à bonne école. Pour d’autres, cela nécessite d’être dans l’air du temps, comme « épousé » sans être marié, martial mais pas trop et, si possible, porter talons. Enfin, pour ceux qui restent, c’est une question de maintien de la tradition. Il convient de jouer, toujours et encore, les utilités, d’« épuiser » les finances d’un parti pour remobiliser périodiquement les militants et de prendre les chemins de traverse pour séduire la télé.

Quand la bêtise l’emporte ainsi sur toute autre forme d’intelligence, tout le monde aspire à être candidat. A tout comme à rien. D’autant qu’il n’y a pas, ou si peu, de sélection à l’entrée. C’est un peu comme le bac pour l’université. Il suffit de s’inscrire pour s’imaginer « diplômé ». Le passage aux urnes devient alors le « millionnaire » du pauvre, le ticket à gratter des causes désespérées, la loterie des éternels « recalés », le concours de fin d’année. Mais, pendant quelques mois, on peut distribuer bonbons et promesses, serrer les mains et caresser les tresses, flatter le chaland et vilipender le mécréant, dormir à « pas d’heure » et s’improviser tribun de petites soirées.

Ils partirent très peu, « mais, par un prompt renfort » ils se virent quarante « en arrivant au port ». La Présidentielle est désormais devenue l’attraction que personne ne veut manquer, la fête foraine obligatoire avec stock-cars et tir aux « pigeons » garantis.

Sauf que cette multiplication des candidats n’est pas vraiment une preuve de démocratie. Elle est surtout la démonstration que ce qui devrait être considéré comme une lourde charge est désormais « vécu » comme un suprême honneur, voire comme une décoration. Elle est l’illustration de cette République du pire que l’on nous sert depuis vingt ans, à coups de mensonges et de trahisons. Elle est enfin la preuve, puisque tout le monde veut en « croquer », que la France est, toujours et encore, bien mal… représentée.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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