En ce jour des commémorations du 11 novembre, il y a bien plus grave que les états d’âme de Ségolène Royal, les illusions perdues de quelques enseignants et les manipulations « internet » de quelques prodiges socialistes en mal de révélations. Il y a cette information cruelle et implacable, déroutante et angoissante, surprenante et démoralisante, qui fait état de la « panne » de croissance de notre pays. Ainsi, alors que l’on croyait la France « sauvée des eaux », que, partout, l’on claironnait que le chômage baissait et que l’activité des entreprises reprenait, l’Insee nous renvoie à nos chères études et à la triste réalité. Au troisième trimestre de cette année, notre économie est en effet « gratifiée » d’un zéro pointé. Sans possibilité de rattrapage et sans autre mention. Il n’y a guère, finalement, que Thierry Breton, le ministre de l’Economie, à ne pas trop s’en inquiéter. Et même à faire preuve d’un optimisme béat en déclarant que, « sur l’année », nous serons bien dans une « fourchette de croissance entre 2% et 2,5% » et en prédisant un excellent quatrième trimestre. Mais, quand bien même ses déclarations seraient confirmées par les faits, ce serait un bien mauvais bilan pour l’année 2006. Et, surtout, une très mauvaise performance par rapport aux pays voisins et à nos partenaires de la zone euro.
Car, dans le même temps, l’Allemagne si difficilement et coûteusement réunifiée, affiche une croissance de 3,5%. Grâce à ses exportations et à la remontée de la construction. La Grande-Bretagne, brocardée à longueur d’années par socialistes et syndicalistes, tourne toujours aux environs de 2,5%. Avec 1,5 millions de chômeurs de moins. Quant au Japon, que l’on disait moribond, il se positionne aux alentours de 2,8%. Enfin, un rapide coup d’œil sur les pays émergents montre que les chiffres de croissance persistent à dépasser les 5,5%. Voire à atteindre, comme en Chine, les 9,5% Preuve, s’il en est besoin, qu’il s’opère un véritable « transfert » économique, du moins en termes de production et de main d’œuvre. Bref, on peut seulement se consoler en regardant du côté de l’Italie qui, en raison de ses faibles taux de compétitivité et de productivité, n’arrive pas à décoller des 1,5 ou 1,7%. Pauvre Italie où il vaut mieux encore prendre ses vacances que travailler.
Mais là-bas, « comme chez nous », désormais, la croissance ne repose plus vraiment que sur la consommation intérieure. Il va donc sans dire que les fêtes de fin d’année verront les indicateurs remonter. Une hausse en trompe-l’œil qui cache bien des misères et empêche, comme toujours, de vraiment s’attaquer aux causes structurelles du problème. Car la reprise n’a jamais été un « don du ciel ». Elle n’est que le résultat de la réduction des dépenses publiques et le fruit d’un effort soutenu auprès des entreprises. Car ce sont elles qui créent la richesse et nous, seulement, qui la… dépensons.
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- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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