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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Lundi 13 novembre 2006

Finalement, c’était la faute à pas de chance ! A la gourmandise d’une vieille dame victime de complications diabétiques et à la dépression d’un touriste qui s’était ensuite « empiffré » de médicaments. Facile et trop simple ! Mais, aujourd’hui, alors que les ostréiculteurs font leurs comptes et évaluent leurs pertes depuis le 6 septembre, les deux ministres de l’Agriculture et de la Santé, clament haut et fort qu’ils n’ont jamais établi un lien entre les deux décès de cet été et la consommation d’huîtres de la baie d’Arcachon. C’est vrai. Mais, si le lien n’a jamais été formel, il a été pour le moins largement susurré. Les deux membres du gouvernement s’étaient en effet empressés d’en sous-entendre la possibilité. Avec cette sorte de message pervers et ambiguë qui n’accuse rien, mais envisage tout. Principe de précaution oblige ! Tant d’ailleurs pour les administrés que pour ceux qui les gouvernent.

C’est vrai, les huîtres n’ont jamais été accusées. Mais c’est un peu comme si l’on avait dit que deux promeneurs étaient morts après avoir mangé des champignons. Sans autre précision, sinon que l ‘on allait faire des analyses. Nous aurions alors beau jeu, plus tard, beaucoup plus tard, quand tous les champignons de la terre auraient été brûlés, et quand les analyses, enfin, seraient revenus négatives, d’affirmer que nous avions seulement énoncé des faits et, en aucune façon, accusé les choses. Facile ! Cette rhétorique un peu particulière s’appelle jouer sur les deux tableaux et elle traduit non seulement la dérive d’un principe mal maîtrisé, mais aussi celui d’une irresponsabilité grandissante d’une société en mal d’assurances tous risques.

En clair, personne ne veut plus jamais payer les « pots cassés », que ce soit en terme d’image ou de risque sanitaire, et se protège désormais des deux côtés. Avec, en prime, cette réalité bureaucratique effrayante qui veut qu’il faille plus de deux mois pour savoir enfin la vérité.

Dès lors, un nouveau risque existe que cette information de précaution ne devienne plus qu’une coquille « vide » qui vise seulement à protéger ses rédacteurs plus que les consommateurs. Et qu’elle ne soit, en final, plus jamais prise au sérieux.

En attendant, les ostréiculteurs de la baie d’Arcachon demandent justement réparation. Et, à défaut de leur donner entièrement satisfaction, l’Etat, si prompt à précher l’exemple et à s’auto-protéger, serait bien inspiré de commander quelques milliers de bourriches pour ses festivités de… fin d’année.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

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