L’heure des premiers marchandages est arrivée. Hier, François Hollande, dans « Le Parisien », a « généreusement » proposé à Jean-Pierre Chevènement de renoncer à sa candidature à la Présidentielle. Avec, en échange, la promesse de réserver à son mouvement des circonscriptions pour les Législatives. Reste à savoir combien ? Et, de ce point de vue, il sera intéressant de connaître le « prix » du silence de Jean-Pierre Chevènement. Six ou huit députés ? Plutôt trois ou quatre enrobés d’un beau ruban tricolore. Les paris sont ouverts. Ce tripatouillage des urnes, où l’on s’achète ouvertement les faveurs des uns ou des autres, n’est pas une spécialité socialiste. C’est même une recette largement éprouvée par l’ensemble de la classe politique, humainement détestable et largement méprisable. L’UMP a bien, de son côté, réservé deux circonscriptions en Vendée au parti de Philippe de Villiers. On n’est en effet jamais trop prudents avec les électeurs. Ou avec leur Président. Oh, l’honneur sera toujours préservé. Car, officiellement, personne n’achète des voix. Il s’agit seulement de ne pas présenter de candidat dans une circonscription « acquise », laissant ainsi à d’autres le soin de ramasser la moisson ou de s’en faire dépouiller. Dès lors, la morale républicaine est sauve puisque la victoire n’est pas automatique. C’est juste un tour de bonneteau où toutes les cartes sont pipées.
C’est en tout cas une version plus « soft » que la méthode Perben qui consiste à vouloir « éjecter » de gré ou de force le député sortant UMP Christian Philip à Lyon pour s‘asseoir à sa place et s’installer en vue des Municipales. Avec, pour prix du siège et de sa collaboration, la présidence de Réseaux ferrés de France (RFF). Mais l’homme résiste et l’on ne peut plus, aujourd’hui, jurer de rien. Ni de son maintien, ni de son éjection du parti. Quant au ministre des Transports, il aurait sûrement souhaité tractation plus secrète à défaut de « ralliement » plus spontané.
La désignation officielle de Ségolène Royal a désormais changé la donne d’une campagne sournoise qui attendait la fin de l’année pour vraiment se déclarer. Désormais, les « grand fauves » sont lâchés. Tant pis pour les militants honnêtes, les convaincus de la première heure, les afficheurs d’idées. C’est la fin des préliminaires et des amuseurs de galerie. Place aux professionnels du spectacle, aux experts du système et aux grands chasseurs de maroquins. Présidentielle, Législatives, Municipales, l’incertitude du moment impose de jouer « placé ». Aussi, dans tous les camps, des hommes vont circuler, s’agiter ou s’effacer au gré des alliances et des petites combinaisons. Il y en aura pour presque tout le monde entre guirlandes et petits lampions. Histoire au moins de fêter Noël au balcon sans jamais ne désespérer… personne.
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- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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