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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Jeudi 30 novembre 2006

Nicolas Sarkozy nous promettait une surprise. Elle n’a pas eu lieu. Non seulement, l’annonce de sa candidature était prévue, mais nul n’a eu besoin d’attendre ce matin pour en lire les raisons dans la presse régionale payante. Cette dernière s’est fait en effet, brûler la « politesse » par Libération qui a publié, dès hier soir, l’interview sur son site internet. Bref, opération communication ratée et, en prime, fureur des journaux de s’être ainsi fait doubler « gratuitement ». Quant aux derniers tenants de l’éthique journalistique, dont Sud-Ouest, ils se félicitent de ne pas être tombés dans le panneau d’une « information » qui n’en était pas une. Plus une…

On peut décidément être, ou vouloir être, un grand homme d’Etat sans savoir s’entourer de conseillers du meilleur choix. Car si ces derniers l’avaient vraiment été, ils auraient dissuadé le candidat éventuel de l’UMP de s’agiter ainsi un jour « anniversaire ». Car, quoique l’on en dise et quoique l’on en pense, les 74 ans de Jacques Chirac méritaient meilleur respect.  Des conseilleurs d’une autre tenue lui auraient soumis quelques idées originales pour prendre de la hauteur et tourner le dos définitivement à la médiocrité ambiante.

Quitte à le laisser se présenter sans vraiment surprendre ni étonner, ils lui auraient suggéré de le faire avec panache. Comme, par exemple,  de grimper au sommet du Mont-Blanc pour s’adresser ainsi aux électeurs, du haut du toit de la France, dévoilant ainsi l’amplitude de son regard et exaltant les vertus de l’effort. Mais tous ces énarques bien-pensants, qui ne connaissent la France que des Champs-Élysées, ont choisi La Boétie et un quarteron de journaux flairant la bonne affaire « exclusive », voire des ventes surmultipliées.

Sur le fond, les propos de Nicolas Sarkozy ont également déçu. On n’en retiendra que cette ambiguë formule de « rupture tranquille » qui sent tout autant la contradiction que la tentative maladroite de rassemblement. Certes, Nicolas Sarkozy dérange et, parfois, effraie. Mais à qui cela peut-il vraiment faire peur ? A tous les délinquants ? A tous les profiteurs du système ? A tous les idéologues des 35 heures ? A tous les spécialistes d’emplois fictifs ? A tous les créateurs d’impôts publics ? A tous les humanitaires des beaux quartiers qui, une fois la porte fermée, prônent l’immigration ouverte dans les cités ? A tous ceux qui pensent que l’on peut indéfiniment raser « gratuit » comme on le fait, à perte, depuis trente ans ?

Tous ceux-là, et bien d’autres encore, ne voteront pas pour lui. Quoiqu’il dise et quoiqu’il fasse. Mais au moins par intérêt, sinon par « politesse », là encore, Nicolas Sarkozy ne devrait pas oublier qu’il peut aussi tenter de conquérir tous ceux qui, à 30% au moins, n’en peuvent plus de ne pas voter ou de voter blanc. Tous ceux qui affirment n’avoir éternellement le choix qu’entre la peste et le choléra. Sans avoir, hélas, complètement tort. Car ce sont ceux-là, finalement, et pas les autres, qui feront… la différence.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Mercredi 29 novembre 2006

Il se passe pour la grammaire ce qui s’est déjà passé, il n’y a pas si longtemps, pour la lecture. Les enseignants jurent qu’ils n’y sont pour rien si les Français conjuguent mal et que, finalement, tout va pour le mieux dans cette matière. On en saura sans doute un peu plus, aujourd’hui, avec la remise du rapport Bentolila au ministre de l’Education. Mais il ne fait aucun doute pour personne, sauf pour quelques syndicalistes aux belles œillères, que les jeunes élèves « s’attachent » désormais moins au phrasé et à la forme de leurs écrits. A tel point que l’on se demande parfois s’ils ont appris un jour ce qu’était le « complément d’objet direct placé avant » et s’il est toujours d’actualité de ne pas faire de phrases sans verbe.

Etre ou avoir, telle est toujours la question de conjugaison dans les familles, mais beaucoup moins, semble-t-il, sur les bancs de l’école. Il suffit de lire les lettres de demande de stages ou d’emploi, les cartes postales envoyées aux grands-parents ou les dissertations d’avant ou d’après-bac pour « apprécier » le vent de liberté qui s’est abattue sur la grammaire de nos aînés.  Au point presque de détruire l’oeuvre de Jules Ferry qui voulait, en généralisant la pratique scolaire de la grammaire, « unifier » l’orthographe au sein de la Nation. Hélas, il y a, sous notre latitude, autant de réformateurs que d’enseignants qui, sous prétexte d’intelligence, en oublient les règles de base et les fondamentaux. Aujourd’hui, si l’on en juge par les livres mis à disposition de nos chères têtes blondes, il est devenu iconoclaste de dire qu’un nom sert à nommer, qu’un pronom c’est « pour le nom » et que « un participe passé s’accorde en genre et en nombre avec le mot auquel il se rapporte si ce mot est placé avant ». Car c’est vouloir faire trop simple là où il est de bon ton de complexifier.

Les résultats sont là. Et les faits aussi, honteusement précis et tristement douloureux. Aujourd’hui, à la fin du CM2, le quart des élèves ne sait pas lire. Et la majorité d’entre eux ne maîtrise ni l’orthographe, ni la grammaire, ni les conjugaisons. Sans parler du reste. Il faut donc en finir une bonne fois pour toutes avec certains idéologues qui professent que c’est « l’élève qui construit lui-même ses savoirs ». Car, faute de structures pour eux-mêmes, ces « éducateurs » inversent les facteurs pour les autres. Le linguiste Alain Bentolila les connaît bien pour les avoir déjà « dénoncés » depuis de longues années. Il sait tout le mal qu’ont pu causer tous ceux qui font des rappeurs de nouveaux Beaudelaire, s’émerveillent devant la pseudo-culture des cités et le langage « fleuri » des quartiers.

La grammaire, la simple grammaire, celle des débutants et des laborieux, celle des besogneux et des méritants, celle de nos pères et de nos enfants, attend un peu plus de « vertu » des enseignants. Qu’ils soient avant tout d’honnêtes et consciencieux pédagogues, des transmetteurs de « savoir », avant de rêver de l’air du temps, comme de simples… démagogues.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Mardi 28 novembre 2006

Le Téléthon n’a pas encore débuté qu’il y a déjà de la contestation dans l’air. Trois évêques sont ainsi montés au créneau, hier, pour, officiellement, réclamer la transparence sur l’utilisation des dons, mais, surtout, pour dénoncer diverses recherches sur les embryons humains. La hiérarchie catholique rejoint ainsi, avec certes plus de mesure, les critiques d’un certain nombre de ses ouailles qui crient à l’eugénisme et au tri malsain des embryons. Ce n’est pas vraiment une surprise, même si cette « querelle » intervient au plus mauvais moment, un peu plus d’une semaine avant l’ouverture de la manifestation. Alors même que toutes les villes, toutes les communes et toutes les campagnes battent le rappel de leurs troupes pour faire de ces deux journées d’appel à la solidarité des Français un vingtième succès financier.

Le sujet est trop grave pour le balayer d’un revers de main ou estimer qu’il relève seulement d’un intégrisme mal placé. La recherche sur les cellules, et plus particulièrement sur les cellules issues d’embryons surnuméraires, recherches autorisées depuis 2004, n’est pas anodine et soulève fort justement des questions d’éthique. Sans sectarisme ou jugements de valeur trop « simplistes ».

Le tri d’embryon est certes devenu indispensable pour lutter contre le cancer, mais il sous-entend toujours tellement de « manipulations » qu’il inquiète et inquiétera tout le temps. Du moins tant que la population n’aura pas la réponse à toutes ses interrogations.

Le diagnostic préimplantatoire, qui vise à « écarter » les embryons malades, en cas de prédispositions familiales, n’attire en lui-même que peu de critiques. Mais il reste toujours à savoir jusqu’où pourra se nicher la notion même de « maladie ». L’avenir n’est pas si loin où certains pourraient en effet avoir la tentation « d’écarter » des embryons porteurs d’obésité, de diabète, d’allergie, voire de vieillissement prématuré pour parvenir au mythe de « l’enfant parfait ».

Aujourd’hui, les travaux sur l’embryon sont un substitut à la méconnaissance, une étape dans la science pour mieux comprendre le phénomène complexe de la spécialisation des cellules souches entre le dixième et le quatorzième jour. Ce n’est nullement une fin en soi, un but à atteindre. Mais il faut encore l’expliquer et on peut espérer que ce 20ème Téléthon, saura enfin lui consacrer le temps  indispensable entre deux chansons et deux exploits primaires. Histoire d’éviter les querelles de doctrine et les comptes d’apothicaire. Entre nécessaire et… surnuméraire.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Lundi 27 novembre 2006

On ne peut pas imaginer un instant que l’on ne puisse se mettre d’accord aujourd’hui entre créanciers pour sauver Eurotunnel. Et pourtant ! … Tout comme on ne peut pas croire que, dans trente jours, le tribunal de Commerce de Paris puisse placer l’entreprise en redressement judiciaire avant d’en prononcer la liquidation pure et simple. Une telle issue reviendrait en effet à « s’asseoir » définitivement sur 9 milliards d’euros de dettes, au grand dam surtout des petites entreprises « éternellement » impayées, et des actionnaires « trompés » jusqu’à l’os. Il n’y aurait plus alors, qu’à décider de « reboucher » le tunnel, en quelque sorte, pour éviter que le « trou » ne s’agrandisse.

Les deux tiers des créances sont détenues par des établissements financiers qui savent mieux que quiconque ce qu’ils risquent à ne pas trouver un accord. D’autant qu’ils sont très largement à l’origine de cet étranglement financier en ayant imposé des montages douteux faits de nouveaux financements et de refinancements. Car il faut savoir que la dette d’Eurotunnel est trois fois supérieure à sa capacité de remboursement et que la société est entrée dans un cycle sans fin qui l’oblige, faute de liquidités suffisantes, à toujours emprunter pour pouvoir rembourser les 430 millions d’euros d’intérêts annuels de la dette.

Les résultats commerciaux et le succès de cette ligne trans-Manche n’influent guère sur le problème. Si l’exploitation du tunnel sous la Manche est désormais rentable, elle ne permettra jamais de faire face aux obligations financières actuelles. Sauf à mettre des voyageurs sur les toits ou à les serrer à deux par siège. Au même prix.

On ne peut donc s’empêcher, à ce stade du dossier, de dénoncer le caractère peu vertueux des premiers investisseurs. Ceux-ci n’ont en effet, jamais joué le jeu de cette aventure humaine et industrielle. Contrairement aux actionnaires de bonne foi, aux grandes déclarations publicitaires de l’époque et aux envolées des premiers coups de pioche, ils se sont rapidement « délivrés » de leurs créances en les revendant à bas prix à des organismes de financement dont la raison d’être est seulement de récupérer au centuple et au plus vite leurs investissements. Il en est ainsi, notamment, des fonds de retraite qui n’ont pas vocation à s’éterniser sur les prêts qu’ils consentent.

Mais il est désormais trop tard pour faire marche arrière. Et, seule, une renégociation de la dette peut sauver l’entreprise. Même si cela doit se faire au prix de son capital et, comme toujours, sur le dos de ses… actionnaires.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

Agenda

- Le 1er février - Media training à SciencesCom

- Les 4 et 5 février - Communication orale à SciencesCom

- Le 12 février - Communication de crise à Centrale

 

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