Nicolas Sarkozy nous promettait une surprise. Elle n’a pas eu lieu. Non seulement, l’annonce de sa candidature était prévue, mais nul n’a eu besoin d’attendre ce matin pour en lire les raisons dans la presse régionale payante. Cette dernière s’est fait en effet, brûler la « politesse » par Libération qui a publié, dès hier soir, l’interview sur son site internet. Bref, opération communication ratée et, en prime, fureur des journaux de s’être ainsi fait doubler « gratuitement ». Quant aux derniers tenants de l’éthique journalistique, dont Sud-Ouest, ils se félicitent de ne pas être tombés dans le panneau d’une « information » qui n’en était pas une. Plus une…
On peut décidément être, ou vouloir être, un grand homme d’Etat sans savoir s’entourer de conseillers du meilleur choix. Car si ces derniers l’avaient vraiment été, ils auraient dissuadé le candidat éventuel de l’UMP de s’agiter ainsi un jour « anniversaire ». Car, quoique l’on en dise et quoique l’on en pense, les 74 ans de Jacques Chirac méritaient meilleur respect. Des conseilleurs d’une autre tenue lui auraient soumis quelques idées originales pour prendre de la hauteur et tourner le dos définitivement à la médiocrité ambiante.
Quitte à le laisser se présenter sans vraiment surprendre ni étonner, ils lui auraient suggéré de le faire avec panache. Comme, par exemple, de grimper au sommet du Mont-Blanc pour s’adresser ainsi aux électeurs, du haut du toit de la France, dévoilant ainsi l’amplitude de son regard et exaltant les vertus de l’effort. Mais tous ces énarques bien-pensants, qui ne connaissent la France que des Champs-Élysées, ont choisi La Boétie et un quarteron de journaux flairant la bonne affaire « exclusive », voire des ventes surmultipliées.
Sur le fond, les propos de Nicolas Sarkozy ont également déçu. On n’en retiendra que cette ambiguë formule de « rupture tranquille » qui sent tout autant la contradiction que la tentative maladroite de rassemblement. Certes, Nicolas Sarkozy dérange et, parfois, effraie. Mais à qui cela peut-il vraiment faire peur ? A tous les délinquants ? A tous les profiteurs du système ? A tous les idéologues des 35 heures ? A tous les spécialistes d’emplois fictifs ? A tous les créateurs d’impôts publics ? A tous les humanitaires des beaux quartiers qui, une fois la porte fermée, prônent l’immigration ouverte dans les cités ? A tous ceux qui pensent que l’on peut indéfiniment raser « gratuit » comme on le fait, à perte, depuis trente ans ?
Tous ceux-là, et bien d’autres encore, ne voteront pas pour lui. Quoiqu’il dise et quoiqu’il fasse. Mais au moins par intérêt, sinon par « politesse », là encore, Nicolas Sarkozy ne devrait pas oublier qu’il peut aussi tenter de conquérir tous ceux qui, à 30% au moins, n’en peuvent plus de ne pas voter ou de voter blanc. Tous ceux qui affirment n’avoir éternellement le choix qu’entre la peste et le choléra. Sans avoir, hélas, complètement tort. Car ce sont ceux-là, finalement, et pas les autres, qui feront… la différence.
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Il se passe pour la grammaire ce qui s’est déjà passé, il n’y a pas si longtemps, pour la lecture. Les enseignants jurent qu’ils n’y sont pour rien si les Français conjuguent mal et que, finalement, tout va pour le mieux dans cette matière. On en saura sans doute un peu plus, aujourd’hui, avec la remise du rapport Bentolila au ministre de l’Education. Mais il ne fait aucun doute pour personne, sauf pour quelques syndicalistes aux belles œillères, que les jeunes élèves « s’attachent » désormais moins au phrasé et à la forme de leurs écrits. A tel point que l’on se demande parfois s’ils ont appris un jour ce qu’était le « complément d’objet direct placé avant » et s’il est toujours d’actualité de ne pas faire de phrases sans verbe.
Le Téléthon n’a pas encore débuté qu’il y a déjà de la contestation dans l’air. Trois évêques sont ainsi montés au créneau, hier, pour, officiellement, réclamer la transparence sur l’utilisation des dons, mais, surtout, pour dénoncer diverses recherches sur les embryons humains. La hiérarchie catholique rejoint ainsi, avec certes plus de mesure, les critiques d’un certain nombre de ses ouailles qui crient à l’eugénisme et au tri malsain des embryons. Ce n’est pas vraiment une surprise, même si cette « querelle » intervient au plus mauvais moment, un peu plus d’une semaine avant l’ouverture de la manifestation. Alors même que toutes les villes, toutes les communes et toutes les campagnes battent le rappel de leurs troupes pour faire de ces deux journées d’appel à la solidarité des Français un vingtième succès financier.
On ne peut pas imaginer un instant que l’on ne puisse se mettre d’accord aujourd’hui entre créanciers pour sauver Eurotunnel. Et pourtant ! … Tout comme on ne peut pas croire que, dans trente jours, le tribunal de Commerce de Paris puisse placer l’entreprise en redressement judiciaire avant d’en prononcer la liquidation pure et simple. Une telle issue reviendrait en effet à « s’asseoir » définitivement sur 9 milliards d’euros de dettes, au grand dam surtout des petites entreprises « éternellement » impayées, et des actionnaires « trompés » jusqu’à l’os. Il n’y aurait plus alors, qu’à décider de « reboucher » le tunnel, en quelque sorte, pour éviter que le « trou » ne s’agrandisse.
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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