Il y en a partout ! Sur tous les sols, sous les ponts, dans tous les joints et toutes les gaines. Sur 17 kilomètres de tuyaux et plus de 6.000 mètres carrés d’isolation. Dans toutes les peintures. En fait, rien n’échappe ou presque à la contamination. Le Clemenceau est en réalité un « porte-amiante » ambulant qui, jusque là, « s’ignorait ». Du moins si l’on se rappelle les déclarations outragées du ministère de la Défense et de sa ministre vertueuse, Michèle Alliot-Marie.
Tecnitas, filiale du bureau Véritas nous a ôté, hier, nos dernières illusions tout en gardant secret, cependant, le tonnage précis du matériau incriminé. Sans même se risquer à la moindre estimation, la jugeant aujourd’hui impossible quand, hier, on en était presque au kilo près. Histoire peut-être de ne pas « effrayer la ménagère » et, sans doute, de préserver un peu la dignité des donneurs d’ordre. Qui se font aujourd’hui plus discrets après avoir beaucoup menti aux Français et voulu « empoisonner », même si c’est « à l’insu de leur plein gré », des milliers de travailleurs indiens.
Michèle Alliot-Marie, la première, doit regretter ses affirmations péremptoires délivrées notamment au Sénat le 7 février dernier. Quand elle déclarait que seules 46 tonnes pouvaient rester dans le navire, éparpillées « dans les parties inaccessibles ». Ou quand elle affirmait solennellement : « il n’y a pas d’amiante dans les planchers et dalles de sol ».
Tout désormais prouve le contraire, sur 14 ponts, 261 mètres de long, 51 mètres de large et 2800 locaux, et confirme la légèreté « coupable » avec laquelle ce dossier a été mené. Même le « désamiantage » de Toulon semble avoir été bâclé dans ses grandes largeurs. Seule, finalement, la facture, déjà lourde de plus de 12 millions d’euros, prend une consistance incontestable, augmentant chaque jour durant. De quoi donner des cauchemars aux plus intègres des contribuables.
Mais, hier, c’est un simple capitaine de frégate qui est monté au front. Tant pour préciser le rapport rendu « public » vendredi dernier que pour annoncer crânement que plusieurs entreprises françaises et européennes étaient intéressées par le démantèlement. Le tout, bien sûr, dans le cadre d’un appel à candidatures volontairement limité aux chantiers européens pour garantir une déconstruction « dans le respect des conditions HSCT, dans le respect de l’environnement ». Mieux vaut tard que jamais ! Encore un petit effort, et, à ce train là, on finira par nous faire croire que cette bonne « affaire » a encore été traitée de manière… exemplaire.
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- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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