Le monde soi-disant civilisé n’aura rien trouvé de mieux que de pendre Saddam Hussein haut et court en ce premier jour de la fête musulmane de l’Aïd el-Kébir. Ce ne sont certes pas les Américains qui ont tendu la corde du gibet, mais ils en ont donné l’aval et sans doute précipité l’exécution. Ainsi donc, après une parodie de justice, des avocats de la Défense assassinés à répétition et tout un milliard de vraies-fausses bonnes raisons, le coup de grâce d’une hypothétique réconciliation irakienne a été donné par un sacrilège, une tâche sur une fête religieuse sacrée et consacrée au pardon. Tout en ménageant cependant un peu plus, et ce n’est certainement pas une coïncidence, la communauté chiite qui fête l’Aïd avec un jour de retard. Soit seulement à partir d’aujourd’hui.
Le pays va pouvoir se plonger désormais, se vautrer même, dans la haine ordinaire entre deux communautés ayant chacune leurs martyrs, le Raïs pour les Sunnites et tous les autres pour les Chiites. Quant aux Kurdes, ils sont une nouvelle fois orphelins d’un procès qu’ils réclamaient et d’une tribune qui leur aurait bien servis, tant d’ailleurs pour dénoncer Saddam que leurs voisins Turcs. Tous vont bientôt pouvoir maudire en chœur ces Occidentaux qui leur ont volé leur espérance, leur vengeance ou leur dignité.
Et, comme en écho, ce sont hier, quatre attentats sanglants qui ont salué l’étrange nouvelle, faisant un peu moins d’une centaine de morts dans la ville chiite de Koufa et dans deux quartiers du nord-ouest de Bagdad.
Il est tout de même étrange que, seuls, les Etats-Unis, Israël et l’Iran, ennemis jurés, semblent se réjouir ouvertement de l’exécution du tyran. Les premiers parce qu’ils espèrent peut-être que cette disparition définitive va effacer cinq ans d’erreurs successives sur le terrain, le dernier parce qu’il ne voit désormais plus vraiment d’obstacle désigné à la montée de son fanatisme et de son intégrisme dans cette partie du monde.
Saddam Hussein a sans doute eu ce qu’il méritait, mais il était sûrement plus « utile » vivant que mort, plus dérangeant à vie comme prisonnier pour l’éternité des geôles irakiennes que comme victime sacrificielle. Car, en répondant à la barbarie par la barbarie, la pax americana n’a fait en réalité qu’alimenter, par bêtise interposée et faute de calendrier, le sentiment qu’ont tous les Irakiens de vivre en pays… téléguidé.
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Deux jours encore pour épuiser 2006 et tout ce qui s’ensuit ! Factures et tout le reste. Deux jours encore à attendre 2007 qui nous promet nouveau Président et beaucoup d’argent ! Le temps est long pourtant qui nous sépare de l’autre rive et de ses larges horizons ! Mais… rêvons encore, rêvons toujours. Tels ces poètes des rues qui chantent et s’entendent Bécaud ou ces filles de petites vertus qui, en belles de nuit, se prennent toutes pour Bardot ! Songeons un peu, songeons beaucoup. A ce réveillon de chimères et d’illusions que le petit Prince, ou son aviateur favori, a préparé pour nous. A ce carrefour des âges que les moins de sept ans peuvent partager sans complexes avec le siècle dernier. A cette histoire de gui et de lauriers que l’on porte sur la tête ou les parvis sans toujours parvenir à s’embrasser.
« Nous avons un thermomètre dont nous communiquons tous les éléments tous les mois de manière transparente ». La réponse de Jean-Louis Borloo à un « collectif » baptisé « les autres chiffres du chômage » est un peu courte, sans doute de bonne foi, mais indigne d’un homme d’Etat. Car le ministre se contente seulement d’indiquer que « les règles de la comptabilisation sont les mêmes depuis 1995, ce sont celles du BIT » sans jamais réfuter les arguments développés par l’association. Pourtant, tout le monde a entendu parler des stages « bidon », des radiations forcées, des temps partiels oubliés, des absents « maladies » et autres laissés pour compte des statistiques. Ces « chômeurs » sont devenus eux aussi « transparents », invisibles pour le ministre et la société. Non indemnisés ou en fin de droits, ils ne méritent même plus d’être comptabilisés. Ils disparaissent dans la nature, « expulsés » des données publiques, permettant au gouvernement d’arborer fièrement une feuille de route de 15% de chômeurs en moins en 18 mois et de moins 10% en un an. Ce qui nous prédit, par cette magie des vases communicants, le plein emploi en moins de dix ans et dix fois plus d’exclus, dans le même temps. La « panacée » comptable et le désastre social.
Ah l’automédication ! Quel avenir doré, en pilules et en cachets, le gouvernement nous prépare ! A en croire « Le Figaro » d’hier, ce « paradis » de la prescription personnelle serait pour bientôt, en février peut-être. Chacun pourra alors jouer les apprentis-sorciers, les apothicaires de bazar et les médecins de boudoir. Se prescrire « Doliprane » ou autre générique en toute sécurité. Le nom des molécules sera sur toutes les bouches et, au pire, le pharmacien saura les traduire. Internet fera le reste et un petit « clic » sera la meilleure des prises de température. Quant aux symptômes, il y aura toujours une madame Michu, au coin de la rue ou au bout de l’avenue, pour nous les interpréter avec brio et célérité.
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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