Quand le dogmatisme le dispute à l’humanité, la veillée de Noël peut être un peu gâchée.C’est sans doute ce que doivent penser des millions d’Italiens qui ont appris, hier, que l’Eglise catholique avait refusé des obsèques religieuses à Piergiorgio Welby mort mercredi dernier grâce à l’assistance d’un des ses médecins qui a débranché le respirateur artificiel. Ainsi, cet homme de 60 ans, atteint d’une dystrophie musculaire, qui souffrait le martyre, ne pouvait plus marcher, ni se nourrir ou respirer de façon autonome, a été rejeté symboliquement par sa communauté. Renvoyé au purgatoire pour l’éternité. Comme au bon vieux temps de l’ignorance et de l’inquisition !
L’enfer est certes pavé de bonnes intentions. Et Piergiorgio Welby y trouvera sans doute l’apaisement. Reste que si l’on peut admettre que l’Eglise refuse d’apporter sa caution à quelqu’un qui avait manifesté sa volonté de mettre fin à sa vie, on ne peut comprendre cette absence d’humanité dès lors que le sort de ce malade a été « réglé » par quelqu’un d’autre. On peut admettre que la hiérarchie catholique, le Pape en tête, se refuse à « légaliser » le suicide, fut-il motivé par la souffrance et l’impuissance, mais on ne peut que déplorer qu’elle ne sache pas « pardonner » au vu des circonstances. On peut, enfin, entendre Benoît XVI quand il réaffirme l’importance de la vie humaine, « de son premier instant à son issue naturelle », mais on aurait sans doute aimé, en ce soir de Noël, qu’il admette que le maintien en vie de Piergiorgio Welby n’avait rien de naturel, ni même de surnaturel et qu’il n’était que souffrance alimentée de façon artificielle.
Le cercueil de Piergiorgio aura tout juste eu le droit de faire un tour devant l’église Saint-Jean Bosco sous les applaudissements de centaines de personnes émues jusqu’aux larmes. Cet homme n’aura donc pas connu le paradis sur terre, mais nul, ni le dogme, ni la « doctrine », ne peut encore savoir, Dieu merci, s’il ne l’a déjà pas gagné… au-delà.
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- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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