« C’est l’avis des autorités israéliennes qui m’importe » a déclaré hier Ségolène Royal à Jérusalem à propos de la polémique sur son absence de réaction aux propos du Hezbollah la veille. Décidément, la candidate du PS à l’élection présidentielle a une étonnante facilité à se couler dans l’air du temps. A ne contredire personne en face pour se faire aimer de profil par tout le monde. Israélienne hier, Palestinienne la veille, Tyrolienne peut-être, Africaine du Sud bientôt à Soweto, Brésilienne avec Lula, Française bien sûr entre deux escales, mais Corse pendant ses vacances et Poitevine au bord de la Sèvre, la « prétendante » dévoile ainsi, chaque jour qui passe, un peu plus de ses traits de caractère.
Mais pourquoi s’en étonner alors qu’elle professe qu’elle pense « comme les Français » et assure qu’elle fera gagner son camp si « vous faites bien ce que je vous propose ». Ce qui n’est rien d’autre que de tourner en rond. Par la « preuve ». Comme en pays breton.
Cette stratégie du caméléon qui consiste à dire ou laisser entendre à chaque personne que l’on rencontre que l’on partage nombre de ses convictions, quitte à corriger le lendemain, devrait faire réfléchir nombre de ses partisans. Car cette propension à accuser les autres de coups montés, les vidéos « volées » de trucages qui n’en sont pas et les traductions internationales d’omissions coupables risque d’en faire une martyre avant l’heure. Reconnue ni par l’Eglise, ni par l’Etat.
Ses collaborateurs vont devoir, désormais, lui sélectionner avec encore plus de soin ses interlocuteurs. Histoire d’éviter, par exemple, qu’elle ne compatisse sur la retraite à 50 ans avec un cheminot CGT ou qu’elle se plaise à redemander la réouverture des mines de charbon devant le fils sans emploi d’une veuve de mineur silicosé.
En fait, il lui manque une oreillette, cet accessoire indispensable qui évite les pannes de mémoire des comédiens et les défauts d’improvisation chez les autres. Mais le mieux, incontestablement, serait encore que toutes les rencontres de Ségolène Royal soient enregistrées et diffusées seulement après montage, comme les émissions de Mireille Dumas. Ou avec ce léger décalage du vrai-faux « direct » que l’on a appris à maîtriser pour empêcher les dérapages, les publicités inopportunes ou les insultes publiques. On éviterait ainsi tous les faux-pas, les ruptures de rythme et les mots qui fâchent. On gommerait les aspérités et autres impuretés. La candidate devrait même l’exiger, au nom de son droit à l’image. De la même manière que l’on exige parfois des journalistes de presse écrite, comme vient de le faire Nicolas Sarkozy, de relire leur copie avant parution.
Ségolène Royal, cette blanche colombe perdue dans un monde politique sans morale et sans scrupules, pourrait alors délivrer sereinement son message et ses recettes magiques pour une juste paix dans une « transparence »… durable.
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- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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