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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Dimanche 16 avril 2006

L’enquête du dernier numéro du journal « Le Point » sur l’Education nationale en France est intéressante à plus d’un titre. Elle met notamment en lumière l’incapacité des hommes à se comprendre et à parler la même langue selon qu’ils sont honnêtes ou partisans. Avec d‘un côté, Jacques Marseille, professeur à la Sorbonne, qui défend une certaine idée de l’éducation et de l’instruction et, de l’autre, Gérard Aschieri, Secrétaire général de la FSU, qui défend une certaine idée de l’institution et de la corporation. Ainsi, quand Jacques Marseille assène des chiffres effrayants, tel ce nombre de 160.000 élèves qui sortent chaque année sans diplôme du second cycle du secondaire, Gérard Aschieri répond qu’il fait « dire autre chose aux chiffres ». Notamment à ceux qui révèlent que depuis trente ans, la dépense intérieure d’éducation a quasiment « doublé en euros constants alors que les effectifs scolarisés n’ont augmenté que de 8% ». Il affirme alors « que l’administration de l’Enseignement remplit une mission d’intérêt général et ne peut pas être rentable au sens strictement comptable ». Et, pour donner plus de poids, du moins le pense-t-il, à son affirmation, il pose la question « faut-il fermer toutes les options rares, et décider que tous les jeunes Français n’apprendront plus que l’anglais, l’allemand et l’espagnol  »?

Mais c’est aussi là que le bât blesse. Car, au final et en vrai, les jeunes Français ne savent parler ni anglais, ni espagnol, allemand ou d’autres langues. Ils sont même, en ce qui concerne les langues étrangères, les cancres de l’Europe, sinon du monde entier. Mais à ne jamais vraiment se répondre ou à le faire à côté, on ne risque pas de faire progresser le dossier.

Quand Jacques Marseille répète encore que ce n‘est pas le CPE qui précarise la jeunesse française, « mais les défaillances d’un système éducatif qui la condamnent à l’errance sociale » et que le même syndicaliste rétorque : « voulons-nous, oui ou non, faire réussir tous les élèves ou préférons-nous en abandonner certains parce que la réussite pour tous revient trop cher ? », il n’y a plus qu’à tirer le rideau. Car autant d’incompréhension ou d’autisme ne s’invente pas. Le corporatisme ne connaît qu’une vérité, celle de la relativité. Il ignore la réalité ou préfère la manipuler. Comme si sortir du secondaire, sans diplôme, ni débouché, ou avec un bac dévalué, comme il l’est désormais à l’étranger, pouvait être une réussite. Comme si le fait, pour un jeune sur dix, d’avoir passé douze ans sur les bancs de l’école et d’en sortir sans maîtriser les fondamentaux de la lecture, de l’écriture et de l’arithmétique, était un calcul dont on pouvait se glorifier.

Mais l’intérêt de ce dialogue de sourds est ailleurs. Il est dans cette conclusion que tout le monde a intérêt à mettre un terme à cet immense gâchis. Mais cela passe sans doute d’abord par avoir le courage de… l’affronter.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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