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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Lundi 17 avril 2006

L’Italie a ceci de comparable à la France qu’elle se complaît dans l’immobilisme et les vieilles solutions. Ainsi elle rappelle au pouvoir Romano Prodi, chassé il y a sept ans et aujourd’hui vainqueur à l’arraché des dernières élections législatives. Mais le chef de file de cette gauche aussi disparate qu’un certain « programme commun » ne rentrera pas en fonction véritablement avant la fin mai. Comme si le pays, fortement divisé par le scrutin et lourdement handicapé par une récession structurelle, pouvait encore se permettre de perdre plus d’un mois en tergiversations. La procédure est ainsi faite que, même si sa victoire est reconnue officiellement par la Cour de cassation italienne, « il professore » devra encore attendre d’être chargé par le président de la République de former un nouveau gouvernement. Or le chef de l’Etat actuel, dont le mandat expire à la mi-mai, a déclaré qu’il laisserait ce soin à son successeur qui, bien évidemment, n’est pas encore… nommé.

Pendant ce temps, Silvio Berlusconi et Romano Prodi s’épuisent en vaines querelles et l’Italie divisée souffre de ne pas être gouvernée. Le pays est à la dérive, avec une croissance inférieure à 0,5% en moyenne entre 2000 et 2005, des prix qui ont flambé lors du passage à l’euro et un chômage qui, artificiellement stabilisé et endémique au sud, recommence à grimper. Quant à la dette publique, sans atteindre les « sommets » de 1994, elle est toutefois remontée de trois points en un an et prive désormais le futur nouveau gouvernement de toute marge de manœuvre. Reste même à savoir s’il en disposait. Car le programme très hétéroclite de Romano Prodi, fort de 240 pages, était surtout un programme anti-Berlusconi qui présentait hier l’avantage, et aujourd’hui l’inconvénient, de ne pas être financé. Il prévoit en effet, pour améliorer la compétitivité, une baisse de cinq point des charges sociales sur les salaires que Prodi espère compenser par une hausse de l’impôt sur le revenu et sur la fortune et une meilleure traque de la fraude fiscale. Un triple pari loin d’être gagné en Italie.

Dès lors, la victoire serrée de Romano Prodi apparaît presque comme un cadeau empoisonné. Elle n’est en tout cas, nullement un chèque en blanc, mais plutôt l’équivalent d’un dernier crédit avant…dépôt de bilan.

 

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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