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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Lundi 3 avril 2006

La gauche plurielle était moribonde. Elle est désormais ressuscitée. Le parti socialiste se déchirait. Plus personne ne se parlait. Les candidatures à la candidature se multipliaient. Il aura suffi d’un CPE pour faire taire un peu les divisions et renaître les grandes ambitions. Dominique de Villepin a ainsi réussi le prodige de réveiller l’opposition et de lui redonner, à défaut de programme, un objectif commun. Le Premier ministre a fait ce que d’aucuns n’espéraient plus, redonner des couleurs à tous ceux que l’on voyait déjà battus. Et pour couronner le tout, ce grand rassembleur s’est « suicidé » politiquement, même s’il n’a pas encore rendu son maroquin. « Son » CPE promulgué ne sera pas appliqué. Il sera, en outre, profondément modifié par d’autres au point de ne plus du tout lui ressembler. Et les paris sont déjà ouverts pour lui trouver un autre nom, plus conforme à la concertation. Enfin, le locataire de Matignon est déchargé de mission au profit du Palais-Bourbon et devra désormais se contenter de jouer les… utilités.

Un seul mot : bravo ! Jamais homme politique n’aura sans doute focalisé sur lui autant de mécontentements. Chez les opposants comme dans son propre camp. Jamais, sans doute, chef de gouvernement n’aura autant précipité son Président dans les profondeurs des sondages et des classements. Une performance remarquable et remarquée.

Jacques Chirac s’était choisi un homme d’une autre planète. Ni jamais élu, ni vraiment poète. Habitué de l’Elysée mais à l’ego surdimensionné. Homme de principes, certes, de caractère assurément, mais d’une rigidité toute napoléonienne. Parfait en maillot de bains et dans son jogging du petit matin, mais incapable d’entendre et d’écouter, de finasser pour convaincre, d’amadouer pour apaiser et d’aménager pour l’emporter. Et, pour finir, n’ayant jamais accepté d’autres vérités que la sienne, il l’a encore prouvé, ce week-end, en affirmant qu’il n’avait pas été désavoué. Ce qui reste vrai… sur le papier.

Aujourd’hui, sénateurs et députés de la majorité se disputent les idées pour sauver ce qui peut encore être sauvé. Mais, derrière le transparent Bernard Accoyer et l’apparente primauté donnée aux parlementaires, Nicolas Sarkozy est aux commandes. Ministre de l’Intérieur le jour, chef de parti toujours.

« Obligé » de manier tous les leviers, c’est désormais l’homme de la situation désespérée, des deux côtés de la rue, place Beauvau comme à l’Elysée. Ravi d’être mandaté officiellement pour démentir une certaine formule du 14 juillet : « je décide, il… exécute ».

 

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Jean-Jacques ROUSSEAU

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