C’est peut-être la bonne idée.
Puisque les leaders des partis politiques ne peuvent pas "se sentir" et passent leur temps à se neutraliser, qu’ils travaillent ensemble ! Comme ça, ils pourront se contrôler mutuellement, faire avancer le débat et éviter toute compromission ou prévarication. Ils pourront ainsi tout à loisir se livrer compétition à qui servira mieux la France. Cela pourrait être « Koh-Lanta » au gouvernement, avec élimination, tous les ans, des trois moins performants. Du plus inutile au plus fainéant, en passant par le plus dépensier. Par vote en direct des électeurs. Par téléphone surtaxé ou internet gratuit. Sans pitié, ni talisman, ni repêchage ou copinage.
L’idée n’est pas si saugrenue qu’il y paraît. En tout cas, elle est entièrement sous-entendue par le dernier sondage Ifop, pour le journal « Dimanche Ouest-France », qui révèle que trois Français sur quatre sont pour un gouvernement gauche-droite. Une sorte de coalition de travail, à l’allemande, à défaut d’une coalition d’intérêts.
Mais ne rêvons pas ! La coalition vaut certes mieux que la cohabitation. Mais, si les partis cherchent autant à prendre la « place », ce n’est pas pour la partager. Et si les ambitions dévorent ceux qui les portent, ce n’est pas par excès de générosité. Enfin, le problème d’aujourd’hui n’est pas tant d’installer un gouvernement de coalition que de mettre en place un gouvernement de compétence. Car les trente dernières années ont largement fait la preuve des insuffisances des hommes de droite et de gauche, issus pour la plupart du service public ou de la même formation. Grâce à eux, le pays est très lourdement endetté, les institutions sclérosées, les réformes en panne et la jeunesse découragée.
La question qui se pose désormais est de savoir comment sauver la France ? Par quel miracle ? Et comment ne pas se tromper une nouvelle fois dans l’identité du sauveur ? Car élire le Président consiste hélas, à chaque fois, à lui donner un chèque en blanc pour former son gouvernement. Comment s’étonner alors qu’il ne prenne pas les meilleurs hommes pour occuper les places, mais qu’il choisisse exclusivement les partisans ou courtisans de son propre camp. La situation est donc éternellement bloquée. A moins qu’un jour, on ne décide de revenir à un scrutin de liste avec 18 ou 20 noms accolés chacun à un ministère, avec panachage possible entre les listes. Le gouvernement deviendrait alors aussi légitime que le Président. La coalition ne serait plus alors optionnelle, mais constitutionnelle. A charge pour les électeurs de faire ce que les politiques n’ont jamais su faire. Choisir les… meilleurs.
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- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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