Comment peut-on être sept fois champion du monde et délibérément « tricher » lors d’une séance de qualification ? La réponse appartient, seule, à Michael Schumacher qui, hier, à Monaco, n’a, semble-t-il, reculé devant aucun moyen pour tenter de garder « sa » pole position. Mais elle en dit plus long sur l’homme et ses « ressorts » secrets que n’importe laquelle de ses biographies. En un seul tour de piste, le pilote de Ferrari a ainsi terni sa discipline, son palmarès, sa voiture et son écurie. Une performance toute catégorie qui restera dans les mémoires et qui, cet après-midi, vaudra à son auteur de prendre le départ du Grand Prix en dernière position.
Décidément, les « champions » n’ont pas bonne presse ces temps-ci. A croire que les couronnes mondiales, pas plus que les lauriers de l’olympisme, ne sont des gages d’honnêteté et de moralité. Quelle déception ! Le sport professionnel ne serait-il plus ce qu’il était ? A moins qu’il ne soit vraiment que ce qu’il n’a jamais cessé d’être, c’est-à-dire une image souriante dissimulant des pratiques détestables faites de combines et d’argent. On en avait déjà eu plusieurs fois l’illustration avec l’athlétisme, le cyclisme, la natation, la gymnastique, l’haltérophilie, le football. Il ne manquait plus que la formule 1. C’est désormais chose faite.
L’appât du gain est donc le plus fort moteur qui soit. Il touche même l’entourage des équipes nationales quand on voit qu’un sélectionneur peut « vendre » jusqu’à ses propres commentaires. Ce qui pourrait nourrir quelques soupçons sur ses autres choix. Faudra-t-il donc recourir un jour au vote des téléspectateurs pour s’assurer de l’honnêteté d’une sélection ? Faudra-t-il donc faire de la télé-réalité à tout propos pour privilégier Coupet à Barthès, Giuly à Trezeguet, comme Nolween à Jean-Pascal ou Dominique à Cindy ?
Deux satisfactions tout de même. Hier soir, au stade de France, les supporteurs ont tenu leur place. Toute leur place Pour le dernier match officiel de « Zizou » en France, ils ont copieusement sifflé la piètre prestation des Bleus. En toute impartialité ! Ils ont aussi félicité Barthez et Dhorasso, à leur manière, pour leur promotion inespérée. En toute lucidité ! Enfin, hier aussi, sur le circuit de Monaco, les « arbitres » commissaires n’ont pas hésité. N’ayant pu trouver « aucune raison justifiant un freinage aussi inutile, excessif et inhabituel à cet endroit du circuit », ils en ont déduit que le pilote avait délibérément arrêté sa voiture et l’ont rétrogradé. Champions les supporteurs ! Champions les commissaires ! Tant que personne n’a encore pu les… acheter.
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- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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