Deux affaires mettant en cause l’Education Nationale vont mériter, ces prochaines semaines, notre attention de tous les instants. La première a eu pour cadre Clermont-Ferrand et concerne l’absentéisme des enseignants. Il s’agit en fait d’un très bon élève qui, mécontent de sa note en philosophie au bac 2003, a considéré que la faute en incombait aux absences non remplacées de son professeur. Et le tribunal administratif lui a donné raison puisqu’il était tombé, lors de l’épreuve, sur un texte de Schopenhauer, auteur qu’il n’avait jamais étudié. On saura demain quelle est le montant de l’indemnité allouée. On imagine sans peine, bien sûr, que le ministère de l’Education Nationale fera appel de cette décision pour éviter qu’elle ne fasse jurisprudence. Mais le plus cocasse, en l’espèce, est la réaction du cabinet du ministre qui, sans rire, a indiqué que « le cas ne devrait plus se reproduire car le ministre a fait modifier le règlement ». En l’occurrence, il fait allusion au fait que, depuis la dernière rentrée, les absences de moins de 15 jours peuvent être compensées par des interventions d’autres enseignants du même établissement. Mais chacun sait que cette disposition n’a pas reçu l’agrément des syndicats et qu’elle risque bien de figurer au palmarès des voeux pieux. Au mieux, des suggestions, à la discrétion des… volontaires. Reste au moins la satisfaction d’avoir entendu le tribunal administratif condamner l’Etat pour « manquement à son obligation légale d’enseignement ». En attendant la prochaine… absence.
Dans la même veine, si l’on peut dire, la colère, vendredi, du ministre de l’Agriculture, concernant l’épreuve Science et vie de la terre (SVT) du bac Sciences et techniques de la production animale, a fait chaud au cœur à la viticulture française. Dominique Bussereau s’est emporté à juste titre lorsqu’il a pris connaissance du sujet intitulé « le vin et ses dangers » proposé aux lycéens agricoles. Car confondre sans modération l’alcool et le vin tourne pour le moins à la provocation. C’est du moins ce qu’a pensé le papa, responsable du collectif des vignerons gardois, quand son fiston lui a rapporté le sujet de l’épreuve. Le ministre, quant à lui, n’a pas hésité. Il a qualifié cette faute « d’erreur grave ». Mais l’emportement lui a sans doute un peu « tourné » la tête quand il a déclaré « j’ai demandé que des sanctions soient prises contre ceux qui sont à l’origine de cette erreur ». Car, dans cette affaire, comme dans la précédente, on risque de chercher longtemps un responsable. Cela pourrait même faire l’objet d’un… sujet au bac.
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- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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