Si tout le monde sait que « Ségo » a été cambriolée, c’est la faute à « Sarko ». Si les squatteurs de Cachan ont été délogés de force, plus de deux ans après une décision de justice l’ordonnant, c’est un coup de pub de « Sarko ». Si le week-end du 15 août a été aussi meurtrier, c’est à cause du laxisme de Sarko. Bref, qu’il pleuve ou qu’il vente, qu’il fasse soleil ou canicule, le ministre de l’Intérieur est dans le collimateur de toute la France bien-pensante, des socialistes comme des Villepenistes, des souverainistes comme des communistes, des Pétainistes comme des Poujadistes. A croire vraiment qu’il dérange !
Qu’importe que Ségolène ne se soit rien fait voler, ce dont l’on doute un peu à en juger par toute l’histoire qu’elle en fait, la méthode accusatoire de la star des sondages est puérile et affligeante. La présidente de la région Poitou-Charentes a peut-être perdu quelques effets de valeur, mais elle devrait savoir, mieux que quiconque, que « les dessous chics », comme aurait dit Gainsbourg, « c’est ne rien dévoiler du tout, se dire que lorsqu‘on est à bout, c’est tabou »… « Les dessous chics, c’est des dentelles et des rubans d’amertume sur un paravent désolant »...
Quant à l’affaire de Cachan, elle est révélatrice du comportement de certaines associations qui poussent des pauvres gens à un « jusqu’auboutisme » désespérant. Qui obligent des enfants à passer d’un squat à l’air libre, puis à un gymnase alors que, quitte à « choisir » encore du provisoire, ils auraient quand même été mieux à l’hôtel. Dans cette histoire aussi, le ministre d’Etat est accusé de fermeté alors qu’il devrait, à tout le moins, être « condamné » pour avoir trop tardé à faire appliquer la loi et les décisions de justice, ayant ainsi pris le risque de mettre des centaines de personnes en danger.
La polémique est stérile quand elle est bêtement politicienne. Elle est aussi imbécile quand elle frise la mauvaise foi. Le squat de Cachan n’avait rien d’un lieu de villégiature et pouvait même être un piège mortel. Aussi, toutes les bonnes volontés doivent aujourd’hui se mobiliser pour proposer, le mois prochain, une alternative crédible à ces déracinés de la vie, hors des « y a qu’à » et des « faut qu’on ». Sauf si la solidarité des communautés se résume à… insulter et à vociférer. Car on ne décrète pas la construction immédiate de logements sociaux comme on réclame des régularisations massives. On n’attribue pas des toits, au détriment de ceux qui les attendent depuis des mois, au gré des évacuations des implantations sauvages. A force cris et manifestations. Avant de passer à autre chose et d’en accuser… Sarko.
ajouter un commentaire commentaires (0) créer un trackback recommander
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
Commentaires