Petite association deviendra grande. C’est tout le mal que l’on peut souhaiter d’abord à « La Diagonale » qui s’est réunie cette semaine en séminaire d’été (encore !) durant trois jours à l’ombre des volcans d’Auvergne, dans l’Allier. Pourtant, le challenge que s’est fixé ce nouveau cercle de réflexion ne manque pas de paradoxes.
Qualifiés par les uns de « faux-nez de l’UMP », par les autres « d’aigris du socialisme », et finalement intriguant tout le monde, ces femmes et ces hommes, qui se décrivent comme « de bonne volonté », se laissent qualifier plus volontiers de « Sarkozistes de gauche ». En clair, ils pensent que gauche et droite ont toutes deux failli dans leur mission de rénovation de la société et, sans renier leurs valeurs humanistes et progressistes, ils estiment aujourd’hui que seul Nicolas Sarkozy, le ministre de l’Intérieur UMP, est capable d’incarner avec courage et détermination la rupture et la réforme. Mais, à en juger par le succès de leur seconde réunion publique, l’idée a déjà fait son chemin et est jugée suffisamment crédible. Jeudi soir, à Vichy, la salle était comble pour venir écouter, réunis sur la même estrade, Claude Malhuret, fondateur de Médecins sans frontières, ancien Secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme, Philippe Sauvannet, ancien secrétaire fédéral du parti socialiste de l’Allier, Bernard Spitz, Conseiller d’Etat et plus proche collaborateur de Michel Rocard quand il était Premier ministre, Brice Hortefeux, actuel ministre des Collectivités territoriales et ami de « trente-et-un » ans de Nicolas Sarkozy et, bien sûr, les membres fondateurs de « la Diagonale » qui les avaient invités. L’ensemble était en effet suffisamment disparate pour poser questions et assurer… la réflexion.
Cette volonté de concilier « l’apparent inconciliable » est certainement à saluer dans notre société éternellement figée entre deux blocs et bien prompte à excommunier tous ceux qui prêchent une large utilisation des « compétences » hors de toutes dénonciations sectaires et dogmatiques. Pour autant, « La Diagonale » ne s’est pas privée de distinguer la notion « d’ordre » prônée tant par Ségolène Royal que par Nicolas Sarkozy. Si elle s’est en effet félicitée d’entendre ce dernier évoquer le nécessaire retour à l’ordre républicain, elle s’est inquiétée du retour à l’ordre moral souhaité par la Présidente de la région Poitou-Charentes et même étonnée du silence gêné du PS à ce sujet.
Les fondateurs de « la Diagonale » ont réaffirmé que leur volonté n’était pas d’adhérer à l’UMP, ni même de fonder un club des « déçus des socialistes », mais de construire avec le candidat qui leur semble le mieux à même de le faire, une société libérale, sans être libertaire, ni liberticide, dans une économie moderne et soucieuse des grands équilibres qui place toujours l’homme au centre de ses préoccupations. Vaste programme, vaste utopie diraient certains ! Pas si sûr, si l’on observe la vague de ralliements politiques en cours, à gauche comme à droite, et la prise au sérieux de ce mouvement par nombre de caciques apparemment installés. La tentative n’est pas nouvelle, certes, mais elle a aujourd’hui l’avantage d’être, sans doute, sans… parti pris.
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- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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