Nul ne sera donc épargné dans sa religion ou ses croyances. Deux prêtres d’une paroisse de Floride que l’on croyait au-dessus de tout soupçon sont aujourd’hui accusés d’avoir pillé les troncs des églises pour un butin de plus de sept millions d’euros. L’un a été arrêté mercredi, tandis que l’autre est encore en fuite.
Mais le pire sans doute est qu’ils ne se servaient pas de cet argent pour donner aux œuvres, soulager la misère autour d’eux, faire le bien pour expier leurs péchés. Non ! ils « capitalisaient » comme le plus mécréant d’entre nous et « dilapidaient » comme n’importe quel jouisseur de Sodome ou Gomorrhe. Pourtant, l’un était plus cigale que fourmi. Il achetait des appartements tandis que l’autre voyageait et jouait sa petite monnaie dans les casinos de Las Vegas.
Ils avaient été formés tous deux à bonne école. Se succédant dans la même paroisse. A croire qu’ils s’étaient sûrement « confessé » mutuellement les bonnes combines. Car, pour dérober une telle somme en 40 ans, il ne faut pas « chômer ». Un stupide calcul mathématique nous indique en effet que cela représente une « extrême » ponction de plus de 500 euros par jour. Ce qui, à moins de tomber sur un « nid » de paroissiens cousus d’or est quasiment impossible. Il y avait, heureusement, les fêtes carillonnées, régulières et généreuses, multiples et prolixes, pour racheter les « jours sans », jours de Carême ou jours fériés.
Aujourd’hui, le révérend Skehan a été emprisonné, mais le père Guinan court toujours.
Et, pendant ce temps, ailleurs ou près de chez nous, d’autres troncs sont dévalisés. Car les curés français, pas plus que les Albanais, les Américains ou les Espagnols ne sont à l’abri des tentations. Le tronc de nos églises agit ainsi comme un appât pour les âmes bien fragiles. Et nul n’est à l’abri. Un pope orthodoxe a, lui aussi, été arrêté dimanche dernier pour avoir subtilisé 250 euros en billets dans son église d’Arta, dans l’ouest de la Grèce. Dénoncé par son sacristain.
Comme les autres, il avait sans doute les « clés » de son péché. Et, comme les autres, il doit désormais regretter le temps béni où le diable n’avait pas encore inventé… la comptabilité.
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- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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