N’en déplaise à tout ce que notre vieille France compte de cocardiers, les Etats-Unis nous donnent, chaque jour des leçons de démocratie. Certes, le Président n’y est pas exemplaire, mais il n’est ni intouchable, ni élu à durée indéterminée. Certes, le comportement de leurs troupes, notamment en Irak, laisse parfois à désirer, mais elles montent au front sans sourciller, en Europe, en Afghanistan ou ailleurs, pour défendre vaillamment une certaine liberté. Mais, surtout, le chef de l’Etat voit son pouvoir continuellement contrebalancé par des institutions qui n’ont rien d’inféodées. Ses décisions et ses engagements financiers sont critiqués, dénoncés, décortiqués voire annulés. Même par sa propre majorité. Et s’il persiste, il prend le risque de ne plus pouvoir gouverner. Les autorités de contrôle fonctionnent et montrent chaque jour, leur indépendance vis-à-vis du pouvoir en place. Ainsi, hier, encore, le Sénat américain a rendu public un rapport qui contredit complètement les affirmations de l’administration Bush sur Saddam Hussein. Selon la Commission du Renseignement, présidée par un Républicain, rien ne prouve que Saddam Hussein ait été lié à Moussab al-Zarquaoui et à ses membres du réseau Al-Qaïda. Et le document de citer un autre rapport de la CIA, datant d’octobre 2005, formel sur ce point puisqu’il parle de l’inexistence de relations entre les deux hommes. Saddam Hussein aurait même tenté, sans succès de le capturer en 2002.
Bref, le Sénat laisse clairement entendre, même s’il ne le dit pas, que la guerre contre l’Irak n’était pas justifiée par des menaces terroristes. Pas plus d’ailleurs par des menaces atomiques car on n’a toujours pas trouvé les « fameuses » armes de destruction massive bactériologiques et chimiques.
Ce travail sérieux est exemplaire et contraste singulièrement avec l’image que donnent nos institutions en France et, plus particulièrement, le Parlement depuis quelques jours. L’Opposition y est frontale et stérile, basée sur des mots et des impressions, engluée dans des débats de procédure et des batailles d’amendements, laissant stupéfait le citoyen qui n’y comprend plus rien et sait, à l’avance, que cela ne changera rien.
La recherche de la vérité n’est pas un mythe aux Etats-Unis quand le Sénat estime que l’administration Bush a exploité le profond sentiment d’insécurité des Américains après les attentats du 11 septembre. Quand l’homme de la rue ne craint plus de dire que la « peur » du terrorisme a été surexploitée et que, à la veille des élections de mi-mandat, les Républicains payent dans les sondages cette manipulation. Elle n’est qu’un dogme en France quand on s’affronte sur une privatisation GDF-Suez qui ne concerne que des tuyaux de distribution, quand le citoyen est mis en marge des grands projets et quand tout un pays semble arc-bouté sur son… lustre passé.
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- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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