L'arrogance d'un juge, son manque d'humanité et d'humilité, et, surtout, son absence de remords plongent aujourd'hui la France dans l'effroi. On avait bien conscience que la Justice avait failli à sa tâche dans l'affaire d'Outreau. On avait bien compris que l'Instruction avait été baclée, tout comme le premier procès d'Assises. On avait bien senti que l'extrême jeunesse d'un magistrat avait conduit à un enchaînement d'erreurs coupables et d'injustices flagrantes. Mais on s'était réjoui de voir finalement que la vérité avait pu éclater, que la cour d'appel avait acquitté les innocents et que le sommet de l'Etat avait présenté ses excuses.
C'était sans compter sur le juge Burgaud. A refuser aujourd'hui de s'amender, à s'estimer si peu responsable par voie de presse, à s'auto-réfugier derrière des règles de droit qu'il semble bien, pourtant, avoir bafouées et à refuser, enfin, d'exprimer la moindre compassion envers ses victimes, il plonge l'institution toute entière dans la suspicion. Combien a-t-elle enfanté de juges Burgaud ? D'hommes ainsi pétris de certitudes et d'indignités ?
Car on ne pouvait imaginer à quel point des femmes et des hommes avaient pu être broyés. On n'aurait jamais pu croire que des droits aussi élémentaires, comme celui d'être interrogés avec honnêteté et respect, eussent pu être ainsi déniés avec tant d'acharnement.
La Commission d'enquête parlementaire sur l'affaire d'Outreau fait aujourd'hui l'apprentissage de la vérité. Elle est confrontée à la triste réalité des faits et non plus à la virtualité des commentaires. Elle est contrainte d'écouter, d'entendre et d'en pleurer, mais elle va aussi devoir proposer et réformer. Car, après une telle affaire et de telles attitudes, la formation des juges en France, leur choix, leur contrôle et leurs responsabilités ne pourront plus jamais être les mêmes.
Enfin, il reste à l'espérer.
Pour que Justice soit...faite
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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