Il en est des catastrophes judiciaires comme des catastrophes aériennes : ce sont le plus souvent les hommes qui ont failli et non les mécanismes. Or, aujourd'hui, par un savant amalgame, on voudrait nous faire croire que c'est la faute à l'ensemble de notre système. Comme si l'on devait rayer d'un trait de plume toute la jurisprudence accumulée et condamner qui le système d'instruction, qui la détention provisoire, voire même l'indépendance judiciaire. Sans même leur accorder à tous, comme à Outreau, le bénéfice du...doute.
Mais, à vouloir trop bien faire ou en poursuivant des intérêts divers, on se trompe de combat. Et, une fois de plus, on rejette la responsabilité personnelle aux orties.
C'est alors oublier que la procédure inquisitoire de l'Instruction n'est pas... l'inquisition. Quant à la détention provisoire, chacun sait, et les juges mieux que tout autre, qu'elle devrait être l'exception. Tout cela est bien prévu par les textes et garanti par la Constitution. Tout cela est écrit, et détaillé, et enseigné et... pratiqué.
Mais l'usure du temps, la facilité ou l'encombrement des cabinets conduit à des mesures d'exception et à des raccourcis inhumains qui font fi de toute légalité.
C'est cela qu'il faut réformer. En donnant plus de moyens à la Justice pour qu'elle puisse mieux se contrôler et en refusant que ses membres puissent encore se tromper en toute impunité. Responsable, mais pas... coupable.
par le blog-notes de Jean-Paul Busnel
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