"Le contrat première embauche (CPE) est sans doute un mauvais contrat, mais mieux vaut un mauvais contrat que pas de contrat du tout". C'est en quelque sorte, et en substance, le message qui ressort du sondage CSA publié jeudi matin par l'Humanité. D'autant qu'il vient en confirmer un autre paru récemment dans "Le Nouvel Observateur".
Alors, au risque de passer pour "politiquement incorrect", ne faut-il pas s'interroger sur nos crispations sociales, nos idées préconçues et notre refus permanent des réalités ?
Certes, le CPE risque d'accroître la précarité du travail. Mais, entre travail précaire et pas de travail du tout, le choix est... facile à faire. Et 75% des personnes interrogées le font.
Certes, le CPE "risque de faire en sorte que les contrats à durée indéterminée ne soient plus la règle en France". C'est tout aussi vrai, mais peut-on raisonnablement penser aujourd'hui que nos enfants resteront toute leur vie dans la même entreprise ? A moins d'être fonctionnaires ou employés... protégés.
Enfin, si le CPE risque de faire diminuer le chômage des jeunes, ne faut-il pas au moins l'essayer, quitte à le surveiller, à l'encadrer et, si besoin, le modifier, voire le supprimer ? Si seulement 48% des salariés sont, semble-t-il, prêts à en prendre le risque, ce qui n'est déja pas si mal, ils sont 62% des chômeurs à vouloir y croire. Et pour cause...
Alors, entre les sirènes politiques et syndicales qui agitent les peurs et les sirènes patronales qui prônent l'humanisme à moitié prix, il est sans doute urgent de nous faire notre propre religion et de donner au CPE le bénéfice de... l'expérimentation.
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