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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Mardi 14 février 2006

Le « Tigre » risque de s’en retourner dans sa tombe. Comment ! Le bateau qui porte son nom obligé de battre en retraite! Une pirouette de 32.000 tonnes et puis s’en va… La figure ne serait pas glorieuse. Elle n’est pas encore certaine, mais elle se profile à l’horizon depuis que la Cour Suprême indienne a décidé, hier, d’interdire ses eaux territoriales au porte-avions Clemenceau, le temps d’une nouvelle expertise.

D’ores et déjà, et quelle que soit la décision finale, la France est disqualifiée dans cette affaire. Non seulement le ministère de la Défense a fait preuve d’une légèreté coupable dans ce dossier, mais il s’est en plus empêtré dans de sombres calculs de tonnage et de disparition d’amiante. Au point de passer pour un interlocuteur peu sérieux et, surtout, peu crédible.

Enfin, et pour enfoncer le clou, le Conseil d’Etat, qui doit se prononcer jeudi après avoir été saisi par plusieurs associations, devrait suivre les recommandations du Commissaire du gouvernement qui, hier, a demandé la suspension pure et simple du transfert en Inde de l’ancien fleuron de la flotte française. Finalement, ce serait d’ailleurs la meilleure décision et la meilleure solution pour permettre à la France de sauver la face. Cela éviterait même à Jacques Chirac, attendu dimanche à New Delhi, de faire valoir, en coulisses, quelques intérêts bilatéraux bien compris pour forcer la main de « nos amis » indiens.

Voilà en tout cas une affaire qui arrive fort mal à propos pour Michèle Alliot-Marie qui rêvait d’un destin national et qui se retrouve à faire des ronds dans l’eau. Pour n’avoir, sans doute, pas su méditer et retenir cette phrase du grand Georges Clemenceau « l’homme absurde est celui qui ne change jamais ». Pour n’avoir surtout pas admis que le seul avenir promis aux ouvriers d’Alang, dans les conditions actuelles, était de souffrir d’asbestose ou de mourir de mésothéliome. La vraie grandeur serait de faire demi-tour dès aujourd’hui et de se débarrasser ainsi d’un dossier empoisonné et empoisonnant. Moins sans doute pour les relations franco-indiennes que plus sûrement pour… les travailleurs indiens.

 

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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