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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Jeudi 9 mars 2006

« Après plus de 20 jours d’investigations ininterrompues, il est maintenant vérifié que certaines personnes se trouvant sur les lieux de l’accident et à l’hôpital se sont ouvertement réjouies de voir un gendarme mortellement blessé ». Cet extrait du communiqué publié mardi par le procureur de  la République, à Basse-Terre, laisse songeur. Surtout que Patrick Quincy a l’outrecuidance de préciser que deux informations judiciaires seront ouvertes « très prochainement ». Ainsi donc, il aura fallu près d’un mois à la Justice de notre pays pour constater qu’un gendarme avait bien été victime à Saint-Martin d’un homicide involontaire et que, à cette occasion, alors qu’il était grièvement blessé, il avait  fait l’objet, ainsi que sa femme et d’autres gendarmes présents, de « propos hostiles, menaçants et racistes ». Et, comme si cela ne suffisait pas encore, il faudra encore attendre quelque peu pour que la machine judiciaire se mette réellement en route. Certes, dans ces pays tropicaux, l’appel de la plage est sûrement plus pressant que l’appel des dossiers, mais il est des exagérations coupables qui devraient être sanctionnées. D’autant plus que, le silence alimentant la polémique, diverses déclarations émanant tant des milieux extrémistes que d’outre-mer, ont tenté de maquiller l’accident et exacerbé des tensions qui n’en demandaient pas tant. Bref, une fois encore, la justice et l’état de Droit ne sortent pas grandis de ce dossier.

La femme du gendarme, Stéphanie Clin, tour à tour effondrée, révoltée puis en quelque sorte « accusée », voit désormais sa parole reconnue et va pouvoir commencer son deuil. Elle rencontrera, ce matin, Nicolas Sarkozy qui, au début de sa visite aux Antilles, l’assurera de la compassion de la République. Mais cette reconnaissance plus que tardive ne suffira sans doute pas à l’apaiser. Elle se rappellera, peut-être, cette déclaration du ministre de l’Intérieur, le 11 décembre dernier, qui s’interrogeait, dans Le journal du Dimanche, sur cette mode de la repentance systématique. « Finira-t-on, un jour prochain, par s’excuser d’être Français ? » disait-il à propos de la polémique sur la colonisation. En l’occurrence, aurait-il fallu à Marigot, pour être considéré comme un homme, s’excuser d’être Français, blanc et gendarme, trois circonstances aggravantes aux yeux d’une poignée de racistes ordinaires?

« Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà » disait Pascal. On veut encore croire le contraire. Mais force est de reconnaître que la peur, le communautarisme et le repli sur soi menacent notre société. Quant au droit à la différence, revendiqué un peu partout et à toute occasion, outre-mer comme en métropole, il n’est bien souvent qu’une revendication de passe-droit qui fait reculer l’intégration. Quand il ne prépare pas… la division.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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