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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Lundi 13 mars 2006

Difficile de ne pas en convenir, Dominique de Villepin a de l’estomac. Car, confronté pendant près de dix minutes, hier soir sur TF1, au choc des mots comme au choc des images, avant de pouvoir intervenir, c’est à peine s’il a froncé le quart de la moitié d’un sourcil. Il ne s’est ni voûté davantage, ni interrogé plus avant sur cette mobilisation contre le CPE. Convaincu par sa propre conviction, rassuré par ses propres certitudes, connaissant par cœur sa partition, le Premier ministre n’a pas eu l’ombre d’une hésitation. « La loi s’appliquera, mais je souhaite compléter les garanties qui sont apportées par de nouvelles garanties qui doivent être négociées avec les partenaires sociaux ». En clair, cela veut dire que la loi restera la loi. Qu’elle n’est même pas « à prendre ou à laisser ». Qu’elle ne sera ni suspendue, ni retirée, ni même améliorée. Seuls, les décrets d’application pourront prévoir des compléments dans les modalités d’exécution comme, par exemple, un raccourcissement du délai de deux ans, l’instauration d’un tuteur référent, un complément de rémunération avec une formation en cas de licenciement et la mise en place d’une procédure régulière d’évaluation du dispositif. Mais, en précisant hier soir, ces quelques points, le Premier ministre a, semble-t-il, voulu également tracer la feuille de route des éventuelles rencontres de ses ministres avec les organisations syndicales. Et en fixer très exactement les… limites.

Le ton était certes alerte et passionné, mais c’était à croire que Dominique de Villepin, droit dans ses bottes et regard fixe à la télé, avait pris quelques cours avec Alain Juppé.

La France doit donc se préparer à quelques turbulences supplémentaires. A l’université comme au lycée. Dans les transports comme sur le pavé. Car le chef du gouvernement n’a laissé aucune porte entrouverte, aucun interstice réel de négociation, aucune bribe de modification. Il s’est montré plus radicaliste que le plus dur des syndicalistes qui soient. Seul détenteur de la vérité, affirmant, par la vertu du « je » plusieurs fois répété, comprendre personnellement « l’inquiétude qui s’exprime » et rester « à l’écoute des Français ». Refusant d’avance tout compromis ou sursis, tout en se prétendant « homme d’écoute et de dialogue », Dominique de Villepin a désormais mis toute son autorité dans la balance du CPE. Un peu seul et sans partage dans l’exercice du pouvoir, il lui reste désormais à prouver qu’il n’est plus seul … à y croire.

 

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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